La Thaïlande a renvoyé vendredi deux soldats cambodgiens capturés, dans un geste d’apaisement avant des pourparlers diplomatiques majeurs prévus la semaine prochaine en Malaisie. Cette libération survient après une semaine de violents affrontements frontaliers entre les deux pays, les plus graves depuis plus d’une décennie, qui ont fait au moins 43 morts et provoqué le déplacement de plus de 300 000 personnes.
Selon un responsable thaïlandais, les deux militaires font partie d’un groupe de 20 soldats cambodgiens arrêtés après une incursion sur le territoire thaïlandais. Phnom Penh a demandé le retour rapide de l’ensemble des prisonniers, dans un contexte de trêve fragile. La rencontre prévue en Malaisie réunira les ministres de la Défense et les chefs militaires des deux pays, dans le but de consolider le cessez-le-feu signé lundi.
Les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge, longtemps contenues, ont dégénéré la semaine dernière en affrontements ouverts, incluant des échanges d’artillerie et des vols de chasseurs à proximité de la ligne de démarcation contestée. L’accord de cessez-le-feu a été obtenu grâce à une médiation de la Malaisie, soutenue par des pressions diplomatiques exercées par le président américain Donald Trump.
Washington a menacé de suspendre les négociations commerciales avec les deux pays si les hostilités ne cessaient pas. Ce levier économique a pesé lourd dans la balance : la Thaïlande et le Cambodge, qui faisaient face à des droits de douane de 36 % sur leurs exportations vers les États-Unis, bénéficient désormais d’un taux réduit à 19 %, a annoncé la Maison Blanche.
La reprise des échanges diplomatiques constitue une opportunité pour restaurer la stabilité régionale. Toutefois, la méfiance reste vive, notamment dans les zones frontalières où les civils, traumatisés par les bombardements récents, vivent encore dans des camps temporaires.
Alors que les deux armées se maintiennent sur une posture prudente, la communauté internationale espère que les négociations à venir permettront d’établir des mécanismes de désescalade durables et d’éviter une rechute dans le conflit. Les discussions porteront également sur la démarcation de la frontière, un point de friction historique entre Bangkok et Phnom Penh.