Myanmar : une frappe aérienne sur une ville minière fait au moins 21 morts
Myanmar : une frappe aérienne sur une ville minière fait au moins 21 morts

Au moins vingt et une personnes ont été tuées dans une frappe aérienne menée par l’armée du Myanmar sur une ville minière de pierres précieuses, ont rapporté samedi des sources locales. L’attaque s’est produite dans l’État de Kachin, au nord du pays, une région riche en ressources mais ravagée par les conflits entre la junte militaire et des groupes rebelles ethniques.

Selon des témoins, les bombardements ont visé un secteur densément peuplé où vivent de nombreux mineurs et leurs familles. Plusieurs habitations ont été détruites et le bilan pourrait encore s’alourdir, des blessés graves ayant été recensés. Les opérations de secours sont rendues difficiles par l’insécurité et l’absence d’infrastructures médicales adaptées.

Cette attaque survient alors que les combats se sont intensifiés ces derniers mois dans le nord du Myanmar. Les forces armées affrontent une coalition de groupes ethniques armés qui revendiquent une plus grande autonomie et qui ont multiplié les offensives contre la junte. Les zones minières, vitales pour l’économie locale et source de revenus stratégiques pour le pouvoir, sont devenues des cibles fréquentes.

Les frappes aériennes de la junte sur des zones civiles sont régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Selon elles, l’armée recourt systématiquement à ce type d’attaques pour terroriser les populations locales et priver les rebelles de tout soutien. Amnesty International et Human Rights Watch ont déjà qualifié ces pratiques de crimes de guerre.

Depuis le coup d’État militaire de février 2021, le Myanmar est plongé dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et contraint des millions de personnes à fuir. Les régions riches en ressources naturelles, comme l’État de Kachin, sont particulièrement disputées, alimentant un cycle de violences qui frappe en premier lieu les civils.

Cette nouvelle tragédie met une fois de plus en lumière l’impasse dans laquelle se trouve le pays, où les appels internationaux à un cessez-le-feu et à une médiation restent lettre morte face à une junte déterminée à conserver le pouvoir par la force.

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