MUMBAI – Les pluies de mousson ont atteint samedi la côte de l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde, avec huit jours d’avance sur le calendrier habituel, marquant leur arrivée la plus précoce depuis 2009. Ce phénomène pourrait significativement soulager les agriculteurs frappés par la chaleur et favoriser une récolte abondante cette année.
La mousson, pilier de l’économie indienne estimée à 4 000 milliards de dollars, assure environ 70 % des précipitations nécessaires à l’irrigation des cultures et à la recharge des nappes phréatiques. Près de la moitié des terres agricoles du pays, non irriguées, en dépendent pour produire des denrées clés telles que le riz, le soja, le maïs, le coton et la canne à sucre.
Le Département météorologique indien (IMD) a confirmé que le début de la mousson le 24 mai est le plus anticipé depuis le 23 mai 2009. Les premières pluies ont déjà couvert l’État du Kerala ainsi que certaines zones du Tamil Nadu, du Karnataka et du Mizoram, dans le nord-est de l’Inde. L’IMD prévoit que les conditions météorologiques actuelles favoriseront une propagation rapide vers d’autres régions dans les jours à venir, notamment Goa, le Maharashtra, l’Andhra Pradesh, le Bengale occidental et les États du nord-est.
Selon Ashwini Bansod, vice-président de la recherche sur les matières premières chez Phillip Capital India, ce démarrage hâtif est une excellente nouvelle pour les agriculteurs : « Une humidité abondante du sol et un semis précoce pourraient potentiellement augmenter les rendements des cultures. » Il souligne que les États du sud et du centre du pays devraient particulièrement bénéficier de cette avance.
L’an dernier, la mousson avait débuté le 30 mai et avait été marquée par des pluies particulièrement intenses, les plus fortes depuis 2020. Cette abondance avait permis de compenser les effets d’une sécheresse ayant touché le pays en 2023.
Le mois dernier, l’IMD a anticipé des précipitations supérieures à la moyenne pour l’ensemble de la saison 2025, pour la deuxième année consécutive. Selon ses critères, des pluies dites « normales » correspondent à un total compris entre 96 % et 104 % de la moyenne des 50 dernières années, soit environ 87 centimètres sur quatre mois. Ce scénario favorable est porteur d’espoir pour des millions de foyers agricoles à travers le pays.