Le violent tremblement de terre qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025 a provoqué des pertes humaines et patrimoniales d’une ampleur exceptionnelle. D’une magnitude de 7,7, ce séisme est l’un des plus puissants enregistrés dans le pays depuis plusieurs décennies. Selon les Nations unies, il a causé la mort de plus de 3 700 personnes et placé plus de deux millions d’habitants dans un état de “besoin critique”, dans un contexte déjà aggravé par le conflit civil.
Au-delà du drame humain, le séisme a profondément marqué le patrimoine culturel birman. La faille de Sagaing, responsable de la secousse, a détruit plus de 3 000 monastères et couvents ainsi qu’au moins 5 000 pagodes, d’après les données communiquées par la junte militaire au pouvoir.
Une perte patrimoniale majeure dans les anciennes capitales
Les régions les plus touchées sont Mandalay, Sagaing et Inwa, proches de l’épicentre. Mandalay, ancienne capitale royale, a vu ses monuments emblématiques endommagés, notamment les crénelages de son ancien palais royal et plusieurs sites coloniaux comme un pont traversant l’Irrawaddy qui s’est effondré.
À Inwa, capitale historique pendant près de 360 ans, les autorités estiment que près de 75 % des bâtiments classés au sein de la “zone d’héritage culturel ancien” ont subi des dégâts importants. Les stupas, temples et statues bouddhiques, symboles de l’identité spirituelle du pays, ont pour beaucoup été détruits ou gravement endommagés.
Les prochaines semaines s’annoncent difficiles pour les opérations de secours, en raison de l’arrivée imminente de la mousson. Si la priorité immédiate reste la recherche des victimes, la question de la restauration des sites historiques détruits commence à se poser, alors que le pays continue de faire face aux conséquences de la guerre civile et au déplacement de plus de 3,5 millions de personnes.