Un an après le pire accident aérien survenu sur le sol sud-coréen, l’enquête sur le crash d’un avion de la compagnie Jeju Air, qui a fait 179 morts, suscite une frustration croissante parmi les familles des victimes. Le rapport d’étape attendu pour le premier anniversaire de la catastrophe ne sera pas publié dans les délais, ont indiqué deux responsables, alimentant les doutes sur la transparence et la crédibilité de l’enquête officielle.
Le 29 décembre 2024, un Boeing 737-800 de Jeju Air avait effectué un atterrissage d’urgence sur le ventre à l’aéroport de Muan, avant de dépasser la piste et de percuter un talus en béton. L’appareil avait alors explosé, ne laissant que deux survivants parmi les 181 personnes à bord. Cet accident reste le plus meurtrier de l’histoire aéronautique sud-coréenne.
Selon les autorités, le Bureau d’enquête sur les accidents d’aviation et de chemin de fer, placé sous la tutelle du gouvernement, ne pourra pas respecter le délai d’un an prévu pour la publication d’un rapport intermédiaire. Les responsables interrogés, s’exprimant sous couvert d’anonymat, évoquent la complexité du dossier, mais ce retard a ravivé la colère des proches des victimes, qui réclament depuis des mois une enquête indépendante.
Un rapport préliminaire publié en janvier avait conclu que les deux moteurs de l’avion avaient subi des impacts d’oiseaux peu avant l’accident. Toutefois, un rapport ultérieur, rédigé en juillet mais non rendu public en raison de l’opposition des familles, indiquait que les pilotes avaient coupé le moteur le moins endommagé après la collision aviaire, un élément qui soulève de nombreuses interrogations sur la chaîne de décisions dans les dernières minutes du vol.
La défiance s’est encore accrue après les conclusions d’un organisme sud-coréen de lutte contre la corruption, qui a estimé que le mur de soutènement en béton de l’aéroport de Muan ne respectait pas les normes de sécurité en vigueur. Pour les familles, cet élément renforce l’idée que des défaillances structurelles et institutionnelles ont pu jouer un rôle déterminant dans l’ampleur du drame.
Face à ces zones d’ombre, les proches des victimes multiplient les protestations et exigent une enquête totalement indépendante du gouvernement, estimant que seule une telle démarche permettra d’établir les responsabilités et d’éviter qu’une tragédie similaire ne se reproduise.