Tapisserie de Bayeux : l’Élysée défend un prêt contesté au British Museum
Tapisserie de Bayeux : l’Élysée défend un prêt contesté au British Museum

Face à la polémique grandissante autour du prêt de la tapisserie de Bayeux à Londres, l’Élysée assure que l’œuvre millénaire est bien transportable. Une réponse directe aux critiques, alors qu’une pétition largement relayée dénonce un projet risqué pour ce trésor national.

Un projet diplomatique sous le feu des critiques

Depuis l’annonce officielle d’Emmanuel Macron le 8 juillet dernier, le prêt de la tapisserie de Bayeux au British Museum, prévu entre septembre 2026 et juin 2027, suscite une vive controverse. Une pétition lancée sur le site Change.org et relayée par le directeur de La Tribune de l’Art, Didier Rykner, accuse le projet de représenter un “crime patrimonial”. Plus de 52 000 personnes y ont déjà apposé leur signature. En cause : la fragilité de ce chef-d’œuvre du XIe siècle, long de 70 mètres, qui retrace la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066.

Des voix au sein même de l’administration culturelle française ont exprimé leurs réserves. En février dernier, dans une vidéo publiée par la préfecture du Calvados, Cécile Binet, conseillère musées à la DRAC Normandie, affirmait que toute “manipulation supplémentaire” de l’œuvre représentait “un risque pour sa conservation”, la jugeant “trop fragile pour être déplacée sur une grande distance”.

L’Élysée assure que le transport reste possible

Philippe Bélaval, chargé de mission auprès du président de la République pour superviser le prêt, a tenu à répondre aux critiques. Dans une déclaration transmise à l’AFP le 22 août, il affirme que la tapisserie “n’est pas intransportable”, tout en reconnaissant que le mode exact de transfert n’a pas encore été arrêté. “L’hypothèse principale reste le transport routier par camion”, a-t-il précisé.

Selon lui, plusieurs études techniques menées depuis début 2025 établissent des recommandations précises sur la manipulation et le déplacement de la tapisserie. Ces documents, bien que non publiés, ne concluraient en aucun cas à l’impossibilité de son transport. “On dispose d’une étude extrêmement détaillée, signée par plusieurs spécialistes, qui ne remet pas en cause la faisabilité du transfert”, soutient Philippe Bélaval.

Une étude de faisabilité antérieure, réalisée en mars 2022 par trois restauratrices et toujours confidentielle à la demande de la DRAC, avait déjà alimenté le débat. Pour tenter d’apaiser les inquiétudes, le ministère de la Culture aurait, selon Bélaval, lancé des tests complémentaires sur la résistance de l’œuvre aux vibrations durant le transport.

Alors que ni le ministère, ni la DRAC Normandie n’ont réagi publiquement à ce jour, la bataille autour de ce prêt diplomatique se poursuit. À un an du départ prévu de la tapisserie, l’Élysée semble déterminé à maintenir le projet, en dépit des contestations persistantes.

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