Les bijoux de Marie-Louise et d’Eugénie volés au Louvre - l’histoire des pièces disparues
Les bijoux de Marie-Louise et d’Eugénie volés au Louvre - l’histoire des pièces disparues

Le spectaculaire vol qui a frappé la galerie d’Apollon au Louvre ce dimanche 19 octobre n’a pas seulement dérobé des bijoux : il a amputé un pan entier du patrimoine joaillier français. Huit pièces d’exception, issues des parures des souveraines Marie-Amélie, Hortense, Marie-Louise et Eugénie, ont été dérobées en pleine matinée par un « commando » de quatre individus. Si la couronne de l’impératrice Eugénie a été retrouvée, abîmée, à l’extérieur du musée, le reste du butin reste introuvable.

Un éclat impérial disparu

Parmi les pièces volées figure l’un des joyaux les plus emblématiques du Second Empire : le diadème de l’impératrice Eugénie, entièrement serti de diamants. Selon le ministère de la Culture, ce bijou est composé de plus de 2 000 diamants, montés sur or, illustrant parfaitement le faste du règne de Napoléon III. Eugénie de Montijo, épouse de l’empereur, avait pour coutume de commander ou d’adapter des bijoux selon les grandes occasions officielles, donnant naissance à des parures aujourd’hui considérées comme des trésors nationaux.

Autre pièce dérobée de la même provenance : le grand nœud de corsage de l’impératrice Eugénie, acquis par le Louvre en 2008 pour 6,72 millions d’euros. Il s’agit d’une broche spectaculaire en forme de ruban, ornée de 2 634 diamants, mesurant 11 cm de large, et considérée comme l’un des plus beaux exemples de la joaillerie impériale française.

S’ajoutent à cela une broche dite « reliquaire » ainsi qu’un second diadème, tous deux également associés à Eugénie, rendant le vol d’autant plus symbolique qu’il frappe un ensemble cohérent de l’histoire impériale française.

Les reines Marie-Amélie et Hortense également visées

Trois autres bijoux provenaient de la parure de saphirs des reines Marie-Amélie (épouse de Louis-Philippe Ier) et Hortense (mère de Napoléon III). Ces pièces, transmises à travers les régimes, témoignent de la continuité de l’art joaillier de la monarchie à l’Empire. Ont été dérobés :

  • Un collier serti de huit saphirs et de 631 diamants
  • Une paire de boucles d’oreilles assorties
  • Un diadème de la même parure, mêlant élégance sobre et éclat de pierres précieuses

L’émeraude de Marie-Louise envolée

Deux pièces issues de la parure en émeraudes de l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon Ier, figurent aussi parmi les objets volés :

  • Un collier composé de 32 émeraudes et de 1 138 diamants
  • Une paire de boucles d’oreilles assorties

Ces bijoux, chefs-d’œuvre du Premier Empire, avaient été créés pour célébrer le mariage entre Napoléon et Marie-Louise, et reflètent la volonté de grandeur impériale à travers le luxe ornemental. Ils comptent parmi les plus prestigieuses pièces exposées dans la galerie d’Apollon.

Une couronne abandonnée, mais endommagée

Seule pièce récupérée à ce jour : la couronne de l’impératrice Eugénie, retrouvée à l’extérieur du musée, vraisemblablement abandonnée dans la précipitation par les cambrioleurs. Selon les premières constatations, elle aurait été endommagée dans la fuite. Créée par le joaillier Alexandre-Gabriel Lemonnier pour l’Exposition universelle de 1855, la couronne est constituée de 2 490 diamants et 56 émeraudes montés sur or jaune.

Une attaque ciblée au cœur de la galerie d’Apollon

Tous les bijoux étaient exposés dans la galerie d’Apollon, espace emblématique du Louvre dédié aux gemmes royales et aux diamants de la Couronne. Deux vitrines blindées ont été fracturées à l’aide d’une disqueuse par les cambrioleurs, qui ont pénétré dans le musée en utilisant une nacelle sur camion. Malgré le déclenchement des alarmes et l’intervention rapide des agents de sécurité, le vol a été mené en moins de dix minutes.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « vol en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». L’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) et la Brigade de répression du banditisme (BRB) sont saisis de l’affaire. La procureure de Paris évoque une opération “hautement organisée”, probablement liée à une forme de grand banditisme, sans exclure l’implication d’un réseau international.

Un préjudice au-delà du chiffre

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rappelé que la valeur marchande des objets est “inestimable”, mais que leur importance patrimoniale et historique dépasse toute évaluation financière. Plusieurs voix politiques appellent à revoir les dispositifs de sécurité des institutions culturelles face aux nouvelles menaces.

En attendant, la galerie d’Apollon demeure fermée, le temps de l’inventaire et des expertises. Tandis que les enquêteurs analysent les images de vidéosurveillance et les outils abandonnés sur place, le Louvre pleure une partie de son héritage, volatilisé en un matin.

Que retenir rapidement ?

Le spectaculaire vol qui a frappé la galerie d’Apollon au Louvre ce dimanche 19 octobre n’a pas seulement dérobé des bijoux : il a amputé un pan entier du

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