Le MoMA s’associe à Mattel pour transformer Van Gogh, Monet et Dalí en jouets collectors
Le MoMA s’associe à Mattel pour transformer Van Gogh, Monet et Dalí en jouets collectors

À partir du 11 novembre 2025, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lance une collection inédite de jouets en partenariat avec Mattel, transformant plusieurs chefs-d’œuvre de sa collection en objets ludiques. L’annonce, qui marque le début d’un partenariat mondial pluriannuel entre les deux institutions, fait déjà beaucoup parler : parmi les pièces phares, une Barbie inspirée de La Nuit étoilée de Vincent van Gogh.

Une collection capsule inattendue

La collection, composée de sept objets, sera disponible dans les MoMA Design Stores de New York et du Japon, ainsi que sur les sites de Mattel Creations et du musée. Le jouet qui attire le plus l’attention est sans doute cette Barbie Van Gogh, drapée dans une robe reproduisant les célèbres spirales bleues du tableau peint en 1889. Un croissant de lune orne ses cheveux blond platine, partiellement teints en bleu, en hommage au style du peintre néerlandais.

D’autres pièces de cette capsule incluent des figurines Little People à l’effigie de Claude Monet (inspiré des Nymphéas) et de Salvador Dalí, une Magic 8 Ball arborant des motifs de l’artiste afro-américaine Alma Woodsey Thomas, ou encore un jeu de cartes UNO illustré par des œuvres de Matisse, Mondrian, Sonia Delaunay et Liubov Popova.

Un partenariat entre art et culture populaire

Selon Jesse Goldstine, directeur du commerce du MoMA, cette initiative a pour objectif « d’inviter toute une génération de nouveaux publics à expérimenter la collection du musée par le biais du jeu ». Un engagement éducatif renforcé par la participation financière de Mattel au Samuel and Ronnie Heyman Family Art Lab, espace interactif du musée pour enfants et familles.

Mattel, de son côté, affirme vouloir « transformer des icônes culturelles en outils de créativité accessibles ». Nick Karamanos, vice-président de la marque, insiste sur le fait que ce partenariat ne se limite pas à la production d’objets : « C’est un dialogue entre design, imagination et patrimoine artistique ».

Entre hommage et controverse

Ce type d’initiative n’est pas sans précédent. En 2018, une Barbie à l’effigie de Frida Kahlo avait suscité de vives critiques, notamment de la part de sa famille, qui affirmait que Mattel n’avait pas obtenu les droits d’utilisation de son image. Cette commercialisation, jugée contraire aux idéaux anticapitalistes de l’artiste mexicaine, avait été interdite au Mexique.

La nouvelle collaboration avec le MoMA suscite également des interrogations : le contraste entre le destin tragique de Van Gogh — mort dans la misère et l’incompréhension — et l’univers lisse et commercial de Barbie n’a pas échappé aux observateurs. Si la poupée est l’un des jouets les plus vendus au monde (près de 80 millions d’unités chaque année), elle cristallise aussi de nombreuses critiques sur les stéréotypes, l’idéologie consumériste et les scandales liés à sa production.

Le MoMA, un musée à la conquête du grand public

Pour le musée new-yorkais, cette stratégie s’inscrit dans une volonté de décloisonner l’art moderne et contemporain. Après avoir démocratisé son accès à travers des expositions immersives ou des collaborations avec des marques de mode, le MoMA poursuit son ouverture à la culture populaire.

En mêlant jouets et chefs-d’œuvre, cette collection capsule interroge les frontières entre galerie et salon, entre œuvre et produit dérivé. Faut-il y voir un nouvel outil pédagogique ou une opération commerciale bien huilée ? Le débat reste ouvert. En attendant, le MoMA espère séduire les jeunes générations… à coups de Barbie, d’UNO et de mini-Dalí.

Que retenir rapidement ?

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