Le grand maître japonais du thé Sen Genshitsu est mort à 102 ans
Le grand maître japonais du thé Sen Genshitsu est mort à 102 ans

Ancien dirigeant de l’école Urasenke, l’une des principales traditions de la cérémonie du thé, Sen Genshitsu s’est éteint à Kyoto à l’âge de 102 ans, ont annoncé les médias japonais le 14 août. Véritable ambassadeur culturel, il a consacré sa vie à promouvoir un message de paix à travers la pratique du thé matcha, qu’il a présenté à des chefs d’État et dans les plus grandes institutions mondiales.

Connu pour ses nombreux voyages à l’international, il était surnommé au Japon le « Grand Maître volant ». Ses cérémonies du thé ont été organisées aussi bien au siège des Nations unies qu’à Pearl Harbor, dans un geste symbolique de réconciliation. Son décès marque la disparition d’une figure incontournable de la culture japonaise du XXe siècle.

Une jeunesse marquée par la guerre, un parcours tourné vers la paix

Né à Kyoto en 1923, Sen Genshitsu avait été formé comme pilote kamikaze durant la Seconde Guerre mondiale. La guerre ayant pris fin avant qu’il n’ait été mobilisé, cette expérience a profondément influencé sa vision du monde. Il a souvent raconté comment, pendant le conflit, il servait déjà du thé à ses compagnons d’armes, convaincu que ce geste pouvait apaiser les esprits.

En 1964, il succède à son père à la tête de l’école Urasenke, devenant le 15e grand maître de cette tradition ancestrale. Ordonné moine zen, il adopte pour devise : « La paix grâce à une tasse de thé », qu’il mettra en pratique tout au long de sa vie. En 2002, il passe le relais à son fils, tout en continuant ses engagements culturels.

Une figure internationale du dialogue entre les cultures

Tout au long de sa carrière, Sen Genshitsu a œuvré pour faire rayonner la culture japonaise au-delà des frontières. Il a servi le thé à des personnalités comme la reine Elizabeth II, Mikhaïl Gorbatchev ou encore Angela Merkel. Il était proche de figures diplomatiques majeures, telles qu’Henry Kissinger et Hu Jintao. En 1997, il reçoit l’Ordre japonais de la Culture, et la France l’honore en 2020 de la Légion d’honneur.

Même après avoir quitté la direction d’Urasenke, il est resté très actif, donnant régulièrement des conférences et occupant des postes de conseiller dans plus de 100 institutions, d’après le Yomiuri Shimbun. Nommé ambassadeur de bonne volonté pour l’UNESCO, il incarnait un pont entre tradition et diplomatie, jusqu’à ses derniers mois de vie.

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