Le coup de foudre de Claude Monet pour Giverny au cœur d’une exposition pour le centenaire de la mort du peintre Il y a 100 ans, en décembre 1926, disparaissait le peintre Claude Monet. Coup d'envoi de ce centenaire : une exposition consacrée aux premières années de l’artiste à Giverny, le village normand où il va vivre les 43 dernières années de sa vie. lire plus tard commenter partager Article rédigé par franceinfo Radio France Publié le 27/03/2026 09:03 Mis à jour il y a 23 minutes Temps de lecture : 3min Claude Monet dans son jardin à Giverny (Eure), le 21 décembre 1899. (Library of Congress / Corbis Historical) Claude Monet dans son jardin à Giverny (Eure), le 21 décembre 1899. (Library of Congress / Corbis Historical) Les œuvres de Claude Monet figurent parmi les plus difficiles à réunir. À l'occasion des 100 ans de sa mort, une trentaine d'entre elles a rejoint le musée des impressionnismes de Giverny pour la première célébration de ce centenaire, une occasion unique de revoir des tableaux sur les lieux mêmes où ils ont été peints. À lire aussi : vidéo Quand Monet s’installe à Giverny avec sa famille recomposée, il est "un pionnier dans cette forme de composition familiale" "On voulait pour ce centenaire un sujet nouveau et qui ait du sens à Giverny, explique Marie Delbarre, une des deux commissaires de l'exposition. Cette idée de se consacrer aux premières années où il a appris à apprivoiser les paysages de Giverny où il a décidé de rester, pour nous, c'était une belle façon de lui rendre hommage". "Un homme sans cesse à la recherche de nouveaux motifs" Giverny doit beaucoup à Claude Monet et réciproquement. Quand l'artiste s'y installe en 1883, il a 43 ans. Il est au mitan de sa vie et il ne connaît pas encore la gloire. "Cette période est une période charnière, relate Cyrille Sciama, directeur du musée des Impressionnismes. Monet est un homme mûr, qui va progressivement passer d'une situation précaire à une situation aisée". Car Giverny sera pour lui une formidable source d'inspiration. "Il va renouveler sa palette, renouveler sa touche, son inspiration au contact de Giverny." Cyrille Sciama, directeur du musée des Impressionnismes à franceinfo "Il va d'abord s'intéresser aux collines, aux chemins creux. Ensuite, il va chercher l'eau qui se cache derrière les peupliers, les saules pleureurs. Et puis il va regarder évidemment la vie agricole, les meules de foin mais aussi les meules de blé, avec une volonté de peindre des paysages très hypnotiques avec des variations lumineuses, notamment sur les meules mais aussi les coquelicots, explique Cyrille Sciama. C'est un homme qui est sans cesse à la recherche de nouveaux motifs”. Selon le directeur du musée, "le visiteur va découvrir des œuvres qu'il n'a pas l'habitude de voir. S'il connaît souvent Monet à travers les images de la gare Saint-Lazare, des cathédrales ou des champs de coquelicots, il va pouvoir explorer en plus des motifs familiers, peupliers, meules, des points de vue assez originaux sur les coteaux, les scènes d'hiver, le brouillard, la pluie ou encore l'Epte...". La meule de foin est un motif récurrent pour Monet. Celle provenant du musée Ohara au Japon a été peinte à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le musée des Impressionnismes. On y distingue la compagne de Monet, Alice Hoschedé. "On voit Alice Hoschedé avec un des enfants, certainement Michel ou Jean-Pierre, adossée à l'ombre d'une meule, décrit Cyrille Sciama. Derrière, la prairie, la maison de Monet, les peupliers". "C’est une image totalement iconique de l'impressionnisme et c’est émouvant de revoir cette œuvre revenir sur les lieux de sa création." Cyrille Sciama à franceinfo À Giverny, Claude Monet peint aussi la rivière l'Epte et la Seine, parfois à bord d'une barque, comme sur le tableau bras de Seine à Giverny. "C'est une toile toute de verts, de bleus et de mauve, décrit Marie Delbarre. Le premier plan est rempli par un miroir d'eau parsemé de végétation et entouré d'arbres qui le surplombent, avec un mystère des jeux d'ombre et de reflets qui ont fasciné Monet et dont on peut penser qu'il a cherché à reproduire l'atmosphère dans son bassin”, ce bassin qu'il créera quelques années plus tard et qui sera l'objet de toutes ses attentions jusqu'à sa mort, le 5 décembre 2026. Il avait 86 ans. L'exposition Avant les nymphéas, Monet découvre Giverny(Nouvelle fenêtre), 1883-1890, est à voir au musée des Impressionnismes de Giverny jusqu'au 5 juillet.
Le coup de foudre de Claude Monet pour Giverny au cœur d’une exposition pour le centenaire de la mort du peintre Il y a 100 ans, en décembre 1926, disparaissait le peintre Claude Monet. Coup d'envoi de ce centenaire : une exposition consacrée aux premières années de l’artiste à Giverny, le village normand où il va vivre les 43 dernières années de sa vie. lire plus tard commenter partager Article rédigé par franceinfo Radio France Publié le 27/03/2026 09:03 Mis à jour il y a 23 minutes Temps de lecture : 3min Claude Monet dans son jardin à Giverny (Eure), le 21 décembre 1899. (Library of Congress / Corbis Historical) Claude Monet dans son jardin à Giverny (Eure), le 21 décembre 1899. (Library of Congress / Corbis Historical) Les œuvres de Claude Monet figurent parmi les plus difficiles à réunir. À l'occasion des 100 ans de sa mort, une trentaine d'entre elles a rejoint le musée des impressionnismes de Giverny pour la première célébration de ce centenaire, une occasion unique de revoir des tableaux sur les lieux mêmes où ils ont été peints. À lire aussi : vidéo Quand Monet s’installe à Giverny avec sa famille recomposée, il est "un pionnier dans cette forme de composition familiale" "On voulait pour ce centenaire un sujet nouveau et qui ait du sens à Giverny, explique Marie Delbarre, une des deux commissaires de l'exposition. Cette idée de se consacrer aux premières années où il a appris à apprivoiser les paysages de Giverny où il a décidé de rester, pour nous, c'était une belle façon de lui rendre hommage". "Un homme sans cesse à la recherche de nouveaux motifs" Giverny doit beaucoup à Claude Monet et réciproquement. Quand l'artiste s'y installe en 1883, il a 43 ans. Il est au mitan de sa vie et il ne connaît pas encore la gloire. "Cette période est une période charnière, relate Cyrille Sciama, directeur du musée des Impressionnismes. Monet est un homme mûr, qui va progressivement passer d'une situation précaire à une situation aisée". Car Giverny sera pour lui une formidable source d'inspiration. "Il va renouveler sa palette, renouveler sa touche, son inspiration au contact de Giverny." Cyrille Sciama, directeur du musée des Impressionnismes à franceinfo "Il va d'abord s'intéresser aux collines, aux chemins creux. Ensuite, il va chercher l'eau qui se cache derrière les peupliers, les saules pleureurs. Et puis il va regarder évidemment la vie agricole, les meules de foin mais aussi les meules de blé, avec une volonté de peindre des paysages très hypnotiques avec des variations lumineuses, notamment sur les meules mais aussi les coquelicots, explique Cyrille Sciama. C'est un homme qui est sans cesse à la recherche de nouveaux motifs”. Selon le directeur du musée, "le visiteur va découvrir des œuvres qu'il n'a pas l'habitude de voir. S'il connaît souvent Monet à travers les images de la gare Saint-Lazare, des cathédrales ou des champs de coquelicots, il va pouvoir explorer en plus des motifs familiers, peupliers, meules, des points de vue assez originaux sur les coteaux, les scènes d'hiver, le brouillard, la pluie ou encore l'Epte...". La meule de foin est un motif récurrent pour Monet. Celle provenant du musée Ohara au Japon a été peinte à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le musée des Impressionnismes. On y distingue la compagne de Monet, Alice Hoschedé. "On voit Alice Hoschedé avec un des enfants, certainement Michel ou Jean-Pierre, adossée à l'ombre d'une meule, décrit Cyrille Sciama. Derrière, la prairie, la maison de Monet, les peupliers". "C’est une image totalement iconique de l'impressionnisme et c’est émouvant de revoir cette œuvre revenir sur les lieux de sa création." Cyrille Sciama à franceinfo À Giverny, Claude Monet peint aussi la rivière l'Epte et la Seine, parfois à bord d'une barque, comme sur le tableau bras de Seine à Giverny. "C'est une toile toute de verts, de bleus et de mauve, décrit Marie Delbarre. Le premier plan est rempli par un miroir d'eau parsemé de végétation et entouré d'arbres qui le surplombent, avec un mystère des jeux d'ombre et de reflets qui ont fasciné Monet et dont on peut penser qu'il a cherché à reproduire l'atmosphère dans son bassin”, ce bassin qu'il créera quelques années plus tard et qui sera l'objet de toutes ses attentions jusqu'à sa mort, le 5 décembre 2026. Il avait 86 ans. L'exposition Avant les nymphéas, Monet découvre Giverny(Nouvelle fenêtre), 1883-1890, est à voir au musée des Impressionnismes de Giverny jusqu'au 5 juillet.

Le centenaire de la mort de Claude Monet s’ouvre là où tout a basculé pour lui : à Giverny. Avec l’exposition Avant les Nymphéas, Monet découvre Giverny, 1883-1890, le musée des Impressionnismes choisit de revenir non pas sur les chefs-d’œuvre ultimes, mais sur les années d’installation, d’observation et de maturation qui ont rendu possible l’aventure des Nymphéas. Une manière très juste d’aborder Monet par la racine, au moment où le peintre découvre un territoire qui va peu à peu devenir le centre de sa vie et de son œuvre.

Les années où Monet apprivoise Giverny

Quand Claude Monet s’installe à Giverny en 1883, il a 43 ans et ne sait pas encore qu’il y passera les quarante-trois dernières années de sa vie. Cette période, que l’exposition isole avec intelligence, est celle d’un enracinement progressif. L’artiste, longtemps nomade, trouve enfin un lieu à lui. Il y affine son regard, transforme sa manière de peindre et se met à explorer avec une attention nouvelle ce qui l’entoure immédiatement : les coteaux, les chemins, les champs, les peupliers, l’Epte, la Seine, les meules, les brouillards, les pluies.

C’est tout l’intérêt de ce parcours : montrer un Monet d’avant les icônes. Avant les grandes nappes aquatiques et les visions presque abstraites du jardin, il y a un peintre en train de s’accorder à un paysage. Il ne le domine pas encore ; il le découvre, le teste, le répète, le scrute à différentes heures, sous différentes lumières. L’exposition suit précisément cette lente familiarisation, comme si l’œil de Monet apprenait à habiter Giverny avant d’en faire un monde.

Une exposition qui éclaire la naissance d’une obsession

La trentaine d’œuvres réunies permet de voir se former, presque en direct, ce qui deviendra sa grande obsession : le rapport entre l’eau, la lumière, le végétal et leurs infinies variations. Certaines toiles montrent déjà des miroirs d’eau, des reflets, des masses d’arbres et de feuillages qui annoncent, discrètement mais nettement, le futur bassin. Le visiteur comprend alors que les Nymphéas ne surgissent pas d’un coup : ils sont le fruit d’années de regard, d’essais, de fidélité à un lieu.

Le choix de consacrer cette ouverture du centenaire à cette période de genèse est particulièrement heureux. Plutôt que d’exposer encore une fois le Monet célébré, le musée montre le Monet en train de devenir Monet. Et à Giverny, cette démarche prend une force particulière : les tableaux reviennent, d’une certaine façon, sur les lieux mêmes de leur naissance. Cela donne à l’ensemble une émotion singulière, presque physique. On ne regarde plus seulement des œuvres impressionnistes majeures ; on suit la naissance d’un territoire intérieur.

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