Le président américain Donald Trump a de nouveau attisé la controverse samedi en déclarant envisager de révoquer la citoyenneté américaine de la célèbre animatrice Rosie O’Donnell. Cette déclaration survient après que l’actrice et militante ait critiqué la gestion par l’administration Trump des services météorologiques, accusés de défaillances dans l’alerte aux populations face aux récentes inondations meurtrières au Texas.
« Étant donné que Rosie O’Donnell n’est pas dans le meilleur intérêt de notre grand pays, j’envisage sérieusement de lui retirer sa citoyenneté », a affirmé Trump sur sa plateforme Truth Social, l’accusant d’être une « menace pour l’humanité ». Il a ajouté qu’elle devrait « rester dans le merveilleux pays d’Irlande, s’ils la veulent », concluant son message par un tonitruant « QUE DIEU BÉNISSE L’AMÉRIQUE ! ».
Cette sortie s’inscrit dans un long contentieux personnel entre Trump et O’Donnell, qui dure depuis près de vingt ans. Les deux figures publiques se sont régulièrement échangé insultes et invectives, d’abord dans les médias traditionnels, puis massivement sur les réseaux sociaux. Toutefois, cette nouvelle attaque soulève des questions juridiques : selon le droit américain, un président ne peut en aucun cas retirer la citoyenneté d’un citoyen né sur le sol des États-Unis. Rosie O’Donnell est née à Commack, dans l’État de New York.
L’animatrice, qui a déménagé en Irlande avec son fils de 12 ans après le début du second mandat de Trump, avait indiqué dans une vidéo publiée sur TikTok en mars qu’elle ne reviendrait aux États-Unis que « lorsque tous les citoyens américains pourront jouir des mêmes droits en toute sécurité ». Elle s’est jusqu’à présent abstenue de répondre publiquement à la déclaration du président.
Cette déclaration de Trump a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et parmi les défenseurs des libertés civiles, qui dénoncent une dérive autoritaire et une attaque contre la liberté d’expression. Plusieurs juristes ont souligné que le président ne dispose d’aucun pouvoir légal pour déchoir un citoyen de sa nationalité, et que même les mesures d’expulsion ne peuvent viser des personnes nées sur le territoire américain.
Alors que Trump multiplie les déclarations controversées à l’approche des élections de mi-mandat, cette nouvelle salve verbale contre une personnalité médiatique pourrait viser à mobiliser sa base la plus fidèle, mais au prix de nouvelles polémiques constitutionnelles.