Loukachenko laisse entendre que son septième mandat pourrait être le dernier
Loukachenko laisse entendre que son septième mandat pourrait être le dernier

MINSK, 8 août 2025 — Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a déclaré vendredi qu’il n’avait pas l’intention de se présenter à un nouveau mandat, suggérant pour la première fois qu’il pourrait quitter le pouvoir à la fin de son actuel septennat, qui court jusqu’en 2030. Il a également rejeté les rumeurs selon lesquelles il chercherait à faire de son fils Viktor son successeur.

« Je ne me suis jamais fixé pour objectif de rester au pouvoir à vie », a affirmé Loukachenko dans une interview diffusée par un média d’État. « Ce mandat pourrait bien être mon dernier. » Ces propos interviennent après plus de 30 ans d’un règne autoritaire sans partage, marqué par une répression féroce de l’opposition et des élections dénoncées comme truquées par les observateurs internationaux.

Réélu en janvier dernier pour un septième mandat controversé, Loukachenko reste l’un des plus anciens dirigeants en exercice d’Europe. Sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine s’est renforcée depuis la guerre en Ukraine, la Biélorussie jouant un rôle logistique clé pour les opérations militaires russes, sans toutefois s’engager directement dans les combats.

Le chef d’État de 70 ans a également démenti toute volonté d’établir une succession dynastique. « Mon fils Viktor ne briguera pas la présidence. Ce n’est pas son chemin », a-t-il déclaré, en réponse aux spéculations persistantes qui entourent le rôle de son fils, conseiller à la sécurité nationale et figure influente dans les cercles du pouvoir à Minsk.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions internes et externes. L’opposition en exil continue de réclamer des élections libres et la libération des prisonniers politiques, tandis que l’Union européenne et les États-Unis maintiennent des sanctions contre le régime biélorusse.

Malgré l’annonce d’un possible retrait, Loukachenko a déjà par le passé laissé entendre qu’il pourrait quitter le pouvoir avant de se raviser. Les analystes politiques restent donc prudents quant à l’interprétation de ses propos, certains estimant qu’il pourrait chercher à préparer une transition contrôlée afin de préserver les intérêts de son clan.

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