Invité sur RMC, Nagui a exprimé son exaspération face à la politique tarifaire de la SNCF. Il a notamment comparé le prix d’un trajet Paris–Marseille en avion avec celui du train, dénonçant une forme d’injustice économique qui pénalise les choix écologiques.
« Un Paris–Marseille en avion, c’est 40 balles. Et en train, c’est 150 », a-t-il déclaré en direct, ajoutant « Comment convaincre quelqu’un de faire un geste pour la planète si cela lui coûte trois fois plus cher ? »
Par ailleurs, bien qu’il défende l’écologie, affirmant ne pas manger de viande et préférez les douches aux bains, Nagui admis prendre ponctuellement l’avion, jugeant qu’il s’agissait parfois de la seule option économiquement viable.
Des réactions hostiles
Les propos de l’animateur ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains l’accusant d’hypocrisie, d’autres saluant au contraire la lucidité de son discours. Mais alors, qu’en est-il ?
La comparaison de Nagui n’est pas entièrement fausse, mais elle dépend des conditions d’achat. Sur la plateforme SNCF Connect, on peut trouver des billets Paris–Marseille à partir de 35 ou 40 euros via les trains OUIGO, qui proposent une offre low-cost avec peu de services inclus. Mais ce tarif nécessite souvent une réservation très anticipée et implique des options payantes, comme les bagages supplémentaires ou le choix du siège.
En revanche, sur les mêmes trajets, les TGV Inoui, plus confortables et flexibles, peuvent coûter entre 90 et 150 euros, voire plus à certaines périodes ou si l’on réserve tard. Cela confirme le constat fait par l’animateur : à tarif plein, le train est souvent bien plus cher que l’avion low-cost.
Un avion moins cher mais plus polluant
En comparant avec l’aérien, les prix des compagnies low-cost telles que Ryanair ou easyJet proposent régulièrement des vols Paris–Marseille autour de 40 euros, surtout hors vacances scolaires. Toutefois, ces tarifs n’incluent pas toujours les frais annexes (bagages, frais de dossier, etc.).
L’intervention de Nagui cristallise un débat déjà bien installé en France : peut-on réellement favoriser les mobilités écologiques si elles restent financièrement inaccessibles à une partie de la population ? Le gouvernement a lancé ces dernières années plusieurs initiatives pour démocratiser le train, comme les tarifs plafonnés pour les jeunes ou les offres à 49 euros par mois sur les TER dans certaines régions. Mais sur les grandes lignes nationales, les écarts de prix demeurent importants, en particulier face à une offre aérienne très agressive.
Nagui, figure populaire des médias français, met ainsi le doigt sur une tension réelle : si les comportements individuels doivent évoluer pour des raisons environnementales, encore faut-il que les conditions économiques le permettent, à l’image de la voiture électrique, vantée par le gouvernement mais totalement inaccessible pour là majorité des Français…