Les autorités colombiennes ont annoncé samedi l’arrestation de l’homme soupçonné d’avoir dirigé la tentative d’assassinat contre le sénateur Miguel Uribe Turbay, figure de l’opposition conservatrice, tué début juin lors d’un événement de campagne à Bogotá. L’homme arrêté, identifié comme Arteaga, est accusé d’avoir coordonné l’attaque et d’avoir remis l’arme du crime à un adolescent chargé de l’exécution.
La police a précisé que le suspect, déjà connu des services de sécurité, a été capturé au terme d’une opération conjointe menée à l’extérieur de la capitale. Selon les enquêteurs, Arteaga a activement participé à la planification logistique de l’attentat, incluant le recrutement du tireur, un mineur qui a ouvert le feu sur le sénateur lors d’un rassemblement politique, le 2 juin dernier. L’attaque avait provoqué un choc national et relancé les débats sur la violence politique en Colombie.
Miguel Uribe Turbay, membre du parti Centre démocratique et ancien secrétaire à la Sécurité de Bogotá, menait une campagne active contre les politiques du gouvernement de gauche du président Gustavo Petro. Son assassinat a été largement perçu comme une attaque contre la démocratie et a soulevé des inquiétudes croissantes à l’approche des élections locales.
La police nationale a indiqué qu’elle poursuivait ses investigations pour identifier les « auteurs intellectuels » de cette tentative de meurtre. « Nous avons capturé le bras opérationnel, mais notre priorité est désormais de remonter jusqu’aux commanditaires de l’attaque », a déclaré un haut responsable de la sécurité. Plusieurs pistes sont explorées, y compris d’éventuelles connexions avec des groupes criminels organisés et des intérêts politiques opposés à Uribe.
Le gouvernement colombien a également signalé qu’il collaborait avec des services de renseignement étrangers afin de traquer d’éventuelles ramifications internationales. Une récompense substantielle a été offerte pour toute information menant à l’arrestation des commanditaires.
Cette arrestation représente un tournant dans l’enquête, alors que la pression monte sur les autorités pour garantir la sécurité des acteurs politiques. Depuis plusieurs mois, le climat politique en Colombie s’est tendu, marqué par une recrudescence d’attaques contre des élus, des candidats locaux et des figures publiques, notamment dans les zones rurales.
Le président Petro, tout en condamnant fermement l’attaque contre Uribe, a appelé au respect du débat démocratique et au rejet de toute forme de violence politique. Il a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à renforcer la sécurité, en particulier dans le cadre des campagnes électorales à venir.