Agriculteurs: 43% vivent sous le Smic, l'alerte d'une étude
Agriculteurs: 43% vivent sous le Smic, l'alerte d'une étude

Dans les campagnes, le chiffre claque comme une porte de grange: 43% des agriculteurs français tirent de leur activité moins qu’un Smic, soit sous les 1 450 euros nets mensuels. L’Observatoire de la rémunération agricole équitable de Max Havelaar France, en s’appuyant sur des données publiques, décrit un revenu qui joue au yo-yo au fil des années et des charges, avec une réalité têtue: 54% des agriculteurs gagnent moins que le salarié moyen en France. Le décor est planté, austère, et il tombe au moment où l’Assemblée nationale doit se pencher en mai sur un projet de loi d’urgence agricole.

Le trou de 3,3 milliards par an et l’effet limité d’Egalim

Le rapport met un prix sur ce manque à gagner: il aurait fallu en moyenne 3,3 milliards d’euros par an sur la dernière décennie pour assurer un Smic à tous, et 4,7 milliards d’euros par an sur les deux dernières années, un niveau présenté comme inédit. Dans le détail, certaines filières encaissent plus que d’autres: 53% des exploitants en céréales, légumineuses et oléagineux resteraient sous le Smic, 52% en bovins viande, 51% en ovins et caprins, quand la viticulture apparaît mieux orientée avec 38% sous ce seuil. Et la géographie n’épargne personne: Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Corse ressortent comme les régions aux revenus agricoles les plus faibles selon l’étude.

À ce stade, difficile d’ignorer le constat politique glissé entre les lignes: pour Max Havelaar, les lois Egalim, censées mieux intégrer les coûts de production dans les prix depuis 2018, n’ont pas encore changé la donne à la hauteur promise. L’ONG salue tout de même une piste dans le projet de loi d’urgence agricole, qui vise des contrats garantissant un prix rémunérateur, tout en plaidant pour des « prix planchers » plus larges. Reste une question de fond, très française: qui, du consommateur, des industriels, de la grande distribution ou de l’État, finira par payer le vrai prix de l’assiette, celui qui permet aussi de vivre du champ.

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