Sommet de l’Union africaine : l’UA promet « zéro tolérance » aux coups d’État et veut renforcer la coordination sécuritaire
Sommet de l’Union africaine : l’UA promet « zéro tolérance » aux coups d’État et veut renforcer la coordination sécuritaire

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine (UA), réuni pendant deux jours à Addis-Abeba, s’est achevé dimanche 15 février avec une déclaration ferme contre les changements de pouvoir anticonstitutionnels. « L’Union africaine n’aura aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels », a affirmé le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, lors de la conférence de presse de clôture.

Cette position intervient alors que plusieurs dirigeants issus de coups d’État ont participé au sommet, notamment les généraux Mamadi Doumbouya (Guinée) et Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon). Dans le même temps, des processus de transition sont suivis par l’organisation en Guinée-Bissau et à Madagascar, via des « envoyés spéciaux ».

S’agissant des États membres de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso), l’Union africaine a fait savoir qu’elle entendait conserver un canal de discussion avec les juntes au pouvoir, sans annoncer pour autant un retour au sein de l’organisation. Mahmoud Ali Youssouf a souligné que l’enjeu majeur dans la zone restait la progression des groupes terroristes, qu’il a décrite comme « le problème le plus grave » auquel le Sahel est confronté.

Nouveau président tournant de l’Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye a insisté sur la nécessité de soutenir les États sahéliens dans leur combat contre les groupes jihadistes tout en les encourageant à un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Il a évoqué l’importance de bâtir des solidarités régionales pour stabiliser les pays concernés et a souligné que l’UA maintenait la communication avec eux afin de « chercher ensemble des solutions ».

Dans cette optique, la création d’une « plateforme commune » regroupant dix-huit pays sur les questions de sécurité a été annoncée pour les prochaines semaines, sans détails supplémentaires. Par ailleurs, les chefs d’état-major de la Cédéao, organisation régionale qualifiée de « pilier » de l’UA, doivent se réunir à Freetown du 24 au 27 février pour discuter de leur participation à la force en attente dans le cadre de la lutte antiterroriste, alors même que les pays de l’AES ont quitté la Cédéao.

L’Union africaine a également réaffirmé sa volonté de « faire taire les armes » sur le continent, même si toutes les crises n’ont pas été évoquées au sommet. La guerre au Soudan n’a notamment pas été mentionnée dans les conclusions politiques présentées par la présidence tournante ou la Commission, même si la question a été abordée par le responsable de l’UA en charge des Affaires politiques, Paix et Sécurité, Adeoye Bankole, qui a insisté sur l’accès humanitaire et la nécessité d’une coordination mondiale.

Sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, Évariste Ndayishimiye a rappelé l’importance de l’application des accords de paix de Washington. Mahmoud Ali Youssouf a affirmé que l’Union africaine se considérait en position de « piloter » la médiation, afin qu’elle ne soit pas laissée uniquement à des partenaires extérieurs. Adeoye Bankole a indiqué que des échanges avaient eu lieu avec l’ensemble des acteurs du conflit et que huit accords avaient été signés, tout en appelant l’AFC, le M23 et les autres belligérants à cesser les combats.

Enfin, les dirigeants africains ont confirmé une résolution symbolique : la reconnaissance de la colonisation comme « crime contre l’humanité », ainsi qu’une réaffirmation de leur solidarité avec le peuple palestinien. Le président ghanéen John Dramani Mahama a également annoncé que son pays déposerait en mars 2026 une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU visant à faire reconnaître la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

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