Moins de dépistages, plus de risques : les inégalités sociales face au cancer mises en lumière
Moins de dépistages, plus de risques : les inégalités sociales face au cancer mises en lumière

Le cancer ne touche pas tous les Français de la même manière. Une étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) met en lumière de profondes inégalités sociales face à la maladie. Les personnes les plus modestes sont davantage exposées aux cancers les plus graves, avec des diagnostics souvent plus tardifs et des chances de survie réduites.

Les chercheurs ont analysé plusieurs années de données de santé et constatent que les populations défavorisées cumulent plusieurs facteurs de risque. Le tabagisme, la consommation d’alcool, certaines conditions de vie ou encore un moindre recours aux soins expliquent en partie ces écarts. Ainsi, les hommes appartenant aux 10 % les plus modestes présentent un risque plus de deux fois supérieur de développer un cancer du poumon par rapport aux 10 % les plus aisés.

Des dépistages moins fréquents et des cancers plus avancés

L’étude souligne également que les Français les plus modestes participent moins souvent aux campagnes de dépistage organisées, notamment pour les cancers du sein, du côlon ou du col de l’utérus. Conséquence directe : les tumeurs sont plus fréquemment découvertes à un stade avancé, parfois déjà métastatique, ce qui réduit fortement les possibilités thérapeutiques.

Selon la Drees, les personnes les moins favorisées présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer associé à un mauvais pronostic que les catégories les plus aisées. À l’inverse, certains cancers comme ceux du sein ou de la prostate sont davantage diagnostiqués chez les populations favorisées, notamment en raison d’un recours plus fréquent aux examens de dépistage.

Des inégalités qui se construisent tout au long du parcours de santé

Pour les auteurs de l’étude, ces écarts se forment à plusieurs étapes : exposition aux facteurs de risque, accès à la prévention, participation au dépistage puis rapidité du diagnostic. Les cancers liés au tabac ou à l’alcool, considérés comme évitables, restent particulièrement concentrés dans les milieux les plus modestes.

Cette nouvelle analyse intervient alors que le cancer demeure la première cause de mortalité en France, avec plus de 160.000 décès chaque année. Les autorités sanitaires misent désormais sur des dispositifs ciblés pour encourager le dépistage des publics les plus éloignés du système de soins, dans l’espoir de réduire ces inégalités qui continuent de peser lourdement sur la santé des Français.

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