Cédric Jubillar affirme avoir enterré Delphine sous un tas de compost, ensuite épandu sur 200 hectares
Cédric Jubillar affirme avoir enterré Delphine sous un tas de compost, ensuite épandu sur 200 hectares

Cédric Jubillar a livré aux enquêteurs des indications précises sur l’endroit où il affirme avoir dissimulé le corps de son épouse après sa mort. Delphine Jubillar aurait été enfouie sommairement sous un imposant tas de compost agricole, sur une exploitation située à Mailhoc, dans le Tarn. Ce compost a ensuite été utilisé par l’agriculteur et répandu sur plus de 200 hectares, compliquant considérablement la récupération de l’ensemble des restes. Des ossements ont été découverts jeudi 16 juillet sur le terrain désigné par Cédric Jubillar. Ils ont été transportés vers le laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, à Pontoise, afin de déterminer leur origine et d’établir s’ils appartiennent à l’infirmière disparue en décembre 2020.  

Une dépouille dissimulée dans un monticule de terreau agricole

Dans sa nouvelle version des faits, Cédric Jubillar affirme avoir transporté le corps de son épouse jusqu’à une propriété agricole située à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines. Il aurait choisi un imposant monticule de terreau ou de compost, haut de plus de trois mètres, situé à proximité d’une maison abandonnée. Le peintre-plaquiste n’aurait pas creusé une fosse profonde. Il aurait écarté le substrat avec ses mains afin de former une cavité sommaire, avant d’y déposer le corps et de le recouvrir. La dépouille aurait ainsi été dissimulée à faible profondeur dans le monticule, sans véritable sépulture. Le terrain se trouve sur la commune de Mailhoc, à environ 11 kilomètres du domicile du couple. Cédric Jubillar a accompagné les enquêteurs sur place jeudi 16 juillet et leur a indiqué précisément la zone où il affirme avoir abandonné le corps dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.  

Le compost répandu sur l’ensemble de l’exploitation

Au cours des années suivantes, le tas de compost a été progressivement utilisé par le propriétaire de l’exploitation. Son contenu aurait été chargé puis épandu comme fertilisant sur les différentes parcelles agricoles, représentant au total plus de 200 hectares. Cette utilisation explique la possible dispersion des restes sur une très vaste surface. Les ossements les plus importants pourraient être demeurés près de l’emplacement initial, tandis que des fragments plus petits ont pu être déplacés avec le compost et répandus dans plusieurs champs. L’agriculteur n’avait aucune raison de soupçonner la présence d’une dépouille dans ce monticule destiné à son activité professionnelle. L’emplacement avait évolué au fil des saisons et le tas visible en décembre 2020 avait en grande partie disparu lorsque les gendarmes sont revenus sur les lieux.

Des ossements découverts dès le début des recherches

Les fouilles ont commencé jeudi matin en présence de Cédric Jubillar, de ses avocats et d’une centaine de gendarmes. Des spécialistes en identification criminelle, des techniciens et des enquêteurs ont minutieusement examiné la zone indiquée. Plusieurs ossements susceptibles d’être humains ont rapidement été retrouvés à proximité de l’ancien emplacement du tas de compost. Leur état a été décrit comme très dégradé après plus de cinq années passées dans la terre et après les différentes manipulations du substrat agricole. Les éléments jugés pertinents ont été acheminés par hélicoptère vers l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale. Les analyses doivent permettre de confirmer leur nature humaine, d’établir un profil génétique et de le comparer à celui de Delphine Jubillar. Les recherches se sont poursuivies ce vendredi autour du monticule et dans les parcelles voisines. La route départementale longeant le site a été coupée pendant les opérations. Le dispositif a finalement été levé vers 16h et les fouilles ont pris fin après deux journées de travail.  

Cinq ans de dénégations avant les aveux

Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 depuis le domicile familial de Cagnac-les-Mines. Le couple était en instance de séparation et Delphine préparait une nouvelle vie avec un autre homme. Pendant plus de cinq ans, Cédric Jubillar a nié toute responsabilité. Il a été reconnu coupable du meurtre de son épouse par la cour d’assises du Tarn le 17 octobre 2025 et condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Ses avocats ont immédiatement fait appel de cette décision. Le 6 juillet dernier, il a pour la première fois reconnu par écrit être à l’origine de la mort de Delphine. Extrait de prison mercredi 15 juillet, il a demandé à être entendu par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne et a livré pendant environ 1h30 sa nouvelle version des faits. Le lendemain, il a été conduit à Mailhoc afin de montrer aux enquêteurs l’endroit où il affirme avoir caché le corps.  

L’identification des ossements désormais attendue

L’identification scientifique constitue désormais la prochaine étape de l’enquête. Les experts devront rechercher de l’ADN exploitable malgré la dégradation des ossements et leur exposition prolongée aux conditions extérieures. Les analyses pourront également permettre de vérifier si les restes appartiennent à une seule personne et de rechercher d’éventuelles traces susceptibles de renseigner les enquêteurs sur les circonstances de la mort. Les résultats seront intégrés à la procédure judiciaire ouverte après les aveux. Le procès en appel de Cédric Jubillar devait débuter le 21 septembre 2026 devant la cour d’assises de Haute-Garonne. Les nouvelles investigations, les expertises médico-légales et l’exploitation complète de ses déclarations pourraient entraîner une modification de ce calendrier judiciaire.  

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