La réouverture tant attendue de l’aéroport international de Khartoum a été de nouveau repoussée ce mercredi, à la suite d’attaques de drones survenues mardi et dans la matinée. Selon une source aérienne citée par Reuters, ces frappes ont contraint les autorités soudanaises à suspendre les préparatifs de reprise des vols commerciaux, initialement prévus cette semaine, après plus de deux ans et demi de fermeture.
L’aéroport, situé au cœur de la capitale, avait été gravement endommagé dès les premiers jours du conflit opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (RSF). Les combats avaient entraîné la destruction de plusieurs infrastructures clés et provoqué la suspension totale du trafic aérien. Les autorités de transition espéraient rouvrir le site afin de relancer les liaisons intérieures et humanitaires, un geste symbolique du retour à une certaine normalité après la reprise partielle de Khartoum par l’armée plus tôt cette année.
Mais les attaques de drones, dont l’origine n’a pas encore été confirmée, rappellent la fragilité de la situation sécuritaire dans la capitale. Des témoins ont rapporté avoir entendu plusieurs explosions dans le secteur de l’aéroport, suscitant un vent de panique parmi les habitants. Aucune victime n’a été signalée pour l’instant, mais les dégâts matériels seraient significatifs, retardant encore les réparations en cours.
Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, la guerre entre les forces du général Abdel Fattah al-Burhan et celles de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, a fait des milliers de morts et déplacé des millions de civils. Malgré les efforts diplomatiques régionaux et internationaux, les hostilités se poursuivent, rendant incertaine toute tentative de reconstruction.
La réouverture de l’aéroport de Khartoum, considérée comme un symbole de stabilité et de relance économique, devait permettre le retour progressif des organisations humanitaires et la reprise des vols civils. Son report illustre les difficultés du gouvernement à sécuriser durablement la capitale et à restaurer la confiance dans les infrastructures vitales du pays.