La Syrie promet une enquête sur des images montrant un meurtre dans un hôpital de Sweida
La Syrie promet une enquête sur des images montrant un meurtre dans un hôpital de Sweida

Le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête sur des images largement diffusées en ligne montrant l’exécution d’un homme à l’intérieur de l’hôpital national de Sweida, dans le sud du pays. L’incident, qualifié et « condamné dans les termes les plus forts » par les autorités, survient dans un contexte de tensions meurtrières dans cette région à majorité druze.

Selon les informations relayées par un médecin local, la victime serait un ingénieur civil qui travaillait bénévolement au sein de l’hôpital. Les séquences vidéo, dont l’authenticité n’a pas encore été confirmée de manière indépendante, montrent un groupe d’hommes armés, semblant appartenir à des milices locales ou tribales, procéder à une exécution de type sommaire à l’intérieur de l’établissement.

L’incident fait suite à de violents affrontements survenus en juillet entre combattants druzes, membres de tribus bédouines sunnites et forces gouvernementales syriennes, qui avaient déjà causé plusieurs morts et alimenté un climat de méfiance et de représailles dans la région. Sweida, longtemps restée relativement épargnée par les combats de la guerre civile, connaît depuis plusieurs mois une recrudescence des violences liées à des rivalités locales, des tensions confessionnelles et la dégradation générale de la sécurité.

Les autorités syriennes affirment vouloir « identifier et traduire en justice » les responsables de ce meurtre, tout en appelant à ne pas diffuser d’images susceptibles « d’attiser les divisions et la haine ». Les organisations de défense des droits humains demandent de leur côté une enquête indépendante, craignant que l’affaire ne soit étouffée dans un pays où l’impunité pour les crimes commis durant le conflit reste largement dénoncée.

Ce nouvel épisode illustre la fragilité de la situation dans le sud syrien, où l’effondrement économique, la prolifération d’armes et la fragmentation du contrôle sécuritaire font craindre une aggravation des violences intercommunautaires.

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