L’affaire Fátima Bosch connaît un nouveau rebondissement. Après l’annonce par Nawat Itsaragrisil d’une procédure engagée en Thaïlande, qui pourrait conduire à l’émission d’un mandat d’arrêt contre Miss Universe 2025, l’organisation Miss Universe a publié un communiqué pour défendre publiquement la reine mexicaine. Une prise de position qui provoque désormais une violente réaction de Critical Beauty. Son fondateur et rédacteur en chef, Rafa Delfin, accuse ouvertement Miss Universe d’« hypocrisie ». Il reproche à l’organisation d’invoquer aujourd’hui la « dignité des femmes » pour soutenir Fátima Bosch, alors que, selon lui, cette préoccupation n’aurait pas toujours été aussi évidente lorsque d’autres femmes liées au concours étaient concernées.
Pour comprendre cette polémique, il faut revenir au conflit qui oppose Fátima Bosch à Nawat Itsaragrisil depuis l’édition 2025 de Miss Universe, organisée en Thaïlande. Le 4 novembre 2025, pendant les préparatifs du concours, une altercation très médiatisée avait opposé la candidate mexicaine au dirigeant thaïlandais. Fátima Bosch avait ensuite accusé Nawat de l’avoir insultée et humiliée devant les autres candidates. Nawat Itsaragrisil a toujours contesté certaines des paroles qui lui ont été attribuées, notamment l’utilisation du terme « dumbhead ». Il a par ailleurs engagé une procédure pour diffamation contre la candidate.
Une plainte pénale a été enregistrée en Thaïlande le 12 novembre 2025, soit neuf jours avant le sacre de Fátima Bosch. L’affaire a brutalement rebondi lorsque Nawat a affirmé qu’une procédure accélérée était désormais engagée en vue de l’émission d’un mandat d’arrêt contre la Miss Universe mexicaine. Miss Universe a alors publié un communiqué de soutien à sa reine, intitulé Statement in support of Fátima Bosch and the dignity of women. L’organisation y condamne notamment la violence, l’intimidation, l’humiliation, le manque de respect et les mauvais traitements envers les femmes. Elle y affiche également sa solidarité avec Fátima Bosch et affirme vouloir défendre sa dignité. C’est précisément cette communication qui fait bondir Critical Beauty.
« Où était cette dignité auparavant ? »
Rafa Delfin reprend les mots employés par Miss Universe à destination de Fátima Bosch : « Nous te voyons, nous t’entendons et nous sommes à tes côtés. » Mais pour le patron de Critical Beauty, ces déclarations posent une question beaucoup plus large sur l’attitude de l’organisation envers les femmes au cours des dernières années. « De belles paroles, n’est-ce pas ? Mais j’ai une question : où était cet engagement lorsque d’autres femmes en avaient besoin ? », demande-t-il. Critical Beauty estime que l’organisation applique aujourd’hui avec une vigueur particulière des principes qu’elle n’aurait pas toujours défendus avec la même énergie lorsque d’autres femmes étaient concernées.
Critical Beauty veut examiner « l’ensemble du bilan »
Pour Rafa Delfin, Miss Universe ne peut donc pas limiter la discussion au seul cas de Fátima Bosch. Si l’organisation souhaite placer le débat sur le terrain de la dignité féminine, il estime qu’elle doit accepter que son propre comportement passé soit également examiné. « Si nous devons parler de dignité, parlons de l’ensemble du bilan », lance-t-il. Le titre même choisi pour sa publication ne laisse aucune ambiguïté sur son opinion : « L’hypocrisie de Miss Universe : où était cette “dignité” auparavant ? » Rafa Delfin reproche ainsi à l’organisation d’afficher aujourd’hui une solidarité particulièrement appuyée envers Fátima Bosch alors que, selon lui, d’autres femmes ayant évolué dans l’univers du concours n’ont pas bénéficié d’une protection comparable.
« Fausse inclusivité » et « fausse inclusion »
Critical Beauty va encore plus loin dans les termes employés. La publication est accompagnée des hashtags « #falseinclusivity » et « #fakeinclusion », soit « fausse inclusivité » et « fausse inclusion ». Pour Rafa Delfin, Miss Universe doit donc répondre de la cohérence entre les valeurs qu’elle revendique aujourd’hui et son comportement passé.
La période est particulièrement délicate pour l’organisation. Depuis l’édition 2025, Miss Universe accumule les polémiques, tandis que le sacre de Fátima Bosch reste fortement contesté. Plusieurs membres du jury ont remis en cause le déroulement ou le résultat du concours. Natalie Glebova, Miss Universe 2005 et jurée lors de l’édition 2025, a notamment affirmé que la grande majorité des membres du jury n’avaient pas voté pour la Mexicaine.
Le communiqué de soutien à Fátima Bosch se retourne contre Miss Universe
La volonté de Miss Universe de défendre publiquement Fátima Bosch provoque donc désormais un effet inverse auprès de certains observateurs historiques du concours. En choisissant de présenter l’affaire sous l’angle de la « dignité des femmes », l’organisation s’expose à une question beaucoup plus large sur sa propre histoire. C’est exactement le terrain choisi par Critical Beauty. Rafa Delfin ne remet pas en cause le droit de Fátima Bosch à être défendue. Il demande pourquoi les principes aujourd’hui invoqués avec autant de force par Miss Universe n’auraient pas été appliqués de manière identique à toutes les femmes. Et il résume son accusation par cette question particulièrement embarrassante pour l’organisation : « Où était cet engagement lorsque d’autres femmes en avaient besoin ? »