En déboursant 375 millions d’euros annuels pour la Ligue 1 jusqu’en 2029, DAZN pensait frapper fort. Résultat : un gouffre financier estimé à 250 millions d’euros pour la seule saison 2024-2025. Avec seulement 500 000 abonnés et des recettes plafonnées à 120 millions d’euros, la plateforme britannique est en échec cuisant. Et désormais, le football français vacille.
Bras de fer judiciaire et avenir incertain
La tension est maximale entre DAZN et la Ligue de football professionnel (LFP). Le diffuseur accuse la LFP de « tromperie sur la marchandise » et de négligence face au piratage, réclamant 573 millions d’euros de compensation. Il menace de ne pas payer le prochain versement prévu fin avril. En retour, la Ligue exige 200 millions d’euros pour rompre le contrat.
Deux scénarios se dessinent : soit DAZN reste, mais renégocie un contrat avec part variable ; soit elle claque la porte, plongeant les clubs dans l’incertitude financière à quelques semaines de la fin du championnat.
Au-delà du bras de fer, c’est la valeur même de la Ligue 1 qui est en jeu. Le modèle économique est fragilisé, le produit dévalorisé. « On a flingué la marque deux fois », résume un expert, pointant le manque de stratégie, les fuites médiatiques internes, et les critiques publiques des présidents de club.
Pour tenter de sauver ce qui peut l’être, la LFP a nommé Nicolas de Tavernost, ex-patron du groupe M6, à la tête de LFP Media. Connaisseur du monde audiovisuel et du football, il doit trouver en urgence un nouveau cap avant la reprise du championnat en août.
Une fuite en avant ?
La Ligue explore désormais toutes les pistes : relancer les négociations avec des plateformes comme Disney+, Amazon, Max ou Canal+, ou créer sa propre chaîne. Mais le temps presse. « Il n’y a pas de miracle à attendre », prévient un observateur du dossier. Faute de solution rapide, c’est tout l’écosystème du football professionnel français — et des clubs comme le TFC — qui risque l’asphyxie.