La Maison Blanche a défendu lundi la décision d’un amiral américain d’ordonner plusieurs frappes contre un navire vénézuélien soupçonné de trafic de drogue en septembre, assurant que l’opération avait été explicitement autorisée par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Cette prise de position intervient alors que la controverse grandit autour d’une seconde frappe qui aurait visé des survivants du premier bombardement.
Selon le Washington Post, l’amiral aurait ordonné une nouvelle frappe pour tuer deux survivants, en application d’une directive de Hegseth stipulant qu’aucun membre de l’équipage ne devait rester en vie. Des juristes interrogés par les médias américains estiment qu’un tel ordre pourrait constituer un crime de guerre, dans la mesure où il viserait des individus hors de combat et ne représenterait plus une action strictement militaire.
Depuis septembre, l’armée américaine a mené au moins 19 frappes contre des navires dans la région dans le cadre d’opérations anti-drogue renforcées. La multiplication de ces attaques, combinée aux révélations sur les ordres donnés aux forces engagées, soulève désormais d’importantes questions sur la stratégie américaine dans les eaux entourant le Venezuela et sur le respect du droit international humanitaire.
Face aux critiques, Pete Hegseth a réaffirmé son soutien total à l’amiral responsable de l’opération, déclarant qu’il bénéficiait de son « soutien à 100 % ». L’administration Trump, de son côté, rappelle que le président a autorisé plusieurs opérations secrètes au Venezuela dans le cadre de sa politique de lutte contre le crime organisé et d’endiguement de l’influence du gouvernement de Caracas.
Cependant, les interrogations se multiplient quant à la légalité de ces actions et à l’étendue des mandats donnés aux forces américaines. Pour de nombreux spécialistes du droit international, l’affaire pourrait ouvrir un débat plus large sur la conduite des opérations clandestines et sur la manière dont les règles d’engagement sont interprétées dans un contexte où les frontières entre lutte antidrogue et actions militaires semblent de plus en plus floues.