L’armée israélienne a mené jeudi plusieurs frappes aériennes contre le sud du Liban, affirmant viser des positions du Hezbollah. Ces attaques surviennent malgré un accord de cessez-le-feu signé il y a un an entre les deux camps, censé mettre fin à plus d’une année de violences transfrontalières.
Selon un communiqué de Tsahal, les frappes visaient à empêcher le groupe armé libanais, soutenu par l’Iran, de « reconstruire ses capacités militaires » dans la région. Israël a simultanément ordonné l’évacuation de plusieurs villages frontaliers, dont Aita al-Jabal, Al-Tayyiba et Tayr Debba, situés entre 4 et 24 kilomètres au nord de la frontière.
Le ministère libanais de la Santé a rapporté qu’une personne avait été tuée et une autre blessée dans ces bombardements. Des témoins sur place ont décrit d’épais nuages de fumée et des scènes de panique, alors que la protection civile libanaise participait à l’évacuation des habitants.
Ces nouvelles frappes font craindre une reprise des hostilités à grande échelle entre Israël et le Hezbollah, dans un contexte régional déjà tendu. Le mouvement chiite avait déclaré, au moment du cessez-le-feu, qu’il respecterait la trêve tout en se réservant « le droit de résister à toute agression israélienne ».
« Nous sommes dans une situation très dangereuse ; si les choses continuent d’évoluer ainsi, alors tout espoir est perdu », a averti Farid Nahnouh, maire de Tayr Debba, l’un des villages visés.
Les tensions se sont accrues ces dernières semaines après que des responsables israéliens ont menacé d’« agir unilatéralement » si le gouvernement libanais ne parvenait pas à désarmer le Hezbollah, accusé de maintenir des bases militaires actives dans le sud du pays.