À la découverte de Chaumont, un château de conte de fées au cœur de la région Centre-Val de Loire. (Photo: Jessica Pierné)
À la découverte de Chaumont, un château de conte de fées au cœur de la région Centre-Val de Loire. (Photo: Jessica Pierné)

Par Jessica Pierné.

Situé au cœur de la vallée de la Loire et faisant partie du patrimoine mondial de l’Unesco, Chaumont-sur-Loire est surtout connu pour son château qui surplombe le fleuve et le village. Depuis la Loire, la forteresse se donne des airs de château Renaissance annonçant les constructions monumentales qui marqueront le règne de François 1er. Aujourd’hui, le domaine est connu dans le monde entier grâce au festival international des jardins.

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La cour intérieure du château de Chaumont-sur-Loire à l’heure de Noël

De Catherine de Médicis, reine de France, à Diane de Poitiers

En 1550, Catherine de Médicis acquiert le château de Chaumont-sur-Loire et y imprime durablement sa marque. Située au cœur de la vallée de la Loire, la demeure devient pour la reine un lieu stratégique : rendez-vous de chasse prisé, mais aussi étape incontournable entre les résidences royales d’Amboise et de Blois. À mesure que l’on parcourt les salles du château, la petite histoire se mêle intimement à la grande. Les murs de Chaumont témoignent des intrigues et des rivalités qui ont façonné la cour de France. Ainsi, à la mort du roi Henri II, Catherine de Médicis orchestre l’un de ces jeux de pouvoir dont elle avait le secret. Elle cède Chaumont à Diane de Poitiers, favorite du roi défunt, contraignant sa rivale à restituer à la Couronne le prestigieux château de Chenonceau. Un épisode révélateur de l’habileté politique de Catherine de Médicis, et de la place singulière qu’occupe Chaumont-sur-Loire dans l’histoire monarchique française.

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Catherine de Médicis et Diane de Poitiers ont résidé à Chaumont

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L’un des escaliers du château

Chaumont-sur-Loire, le laboratoire mondial du jardin contemporain

En l’espace de 20 ans, le Festival international des jardins s’est imposé comme une référence dans le paysage de la création paysagère contemporaine. Véritable laboratoire à ciel ouvert, il attire des concepteurs venus du monde entier, architectes, paysagistes et artistes, réunis par une même ambition: réinventer le jardin. Chaque fin d’hiver, les équipes se relaient avec une précision quasi chorégraphique pour donner le premier coup de pelle, prélude à des installations éphémères qui feront dialoguer nature, art et innovation tout au long de la saison.

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Le Festival international des jardins

La cour des écuries au cœur de l’histoire

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le cheval demeure au cœur de l’univers aristocratique : indispensable des chasses à courre, principal moyen de traction et, surtout, signe extérieur de richesse et de rang. En 1877, le couple princier confie à l’architecte Paul‑Ernest Sanson la réalisation d’écuries somptueuses, voulues parmi les plus avancées d’Europe. Sanson y insère, un motif sculptural d’origine : une frise alternant le double « C » de Charles II de Chaumont et la montagne en flammes, réinscrite sur les façades comme un lien entre passé et restauration. Depuis la grande cour, on accède à la cuisine et à la sellerie de travail, vaste pièce aux volumes impressionnants. Lambrissée sur trois côtés, elle concentre la vie quotidienne des écuries. L’hiver venu, les hommes s’y activent autour des harnais d’attelage, soumis après chaque sortie à un rituel immuable : démontage minutieux, lavage, séchage, graissage, puis remontage, gage de longévité et de sécurité. La pièce fait également office de cuisine, où l’on prépare le mash, cette ration chaude à base de céréales cuites, destinée à fortifier les chevaux. Suspendues sous la voûte, deux lampes à arc attirent le regard. Issues à l’origine du hall, elles sont identiques à celles qui éclairaient l’Opéra Garnier et l’Hôtel de Ville de Paris. Un détail révélateur du modernisme des lieux : dès 1898, les écuries bénéficiaient déjà de l’éclairage électrique, une prouesse rare pour l’époque.

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La cour des écuries

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À Chaumont, la reine prenait particulièrement soin de ses chevaux, qui avaient même le droit à des repas chauds

L’une des plus belles selleries de France

Restée intacte depuis la fin du XIXᵉ siècle, cette pièce hors du temps abrite une impressionnante collection de harnais d’attelage, d’aciers et de fouets. Un ensemble d’une rare richesse, aujourd’hui considéré comme l’une des plus belles selleries de France. Les objets de bourrellerie et de sellerie qui y sont conservés portent la signature des plus grandes maisons alors en activité : Hermès, Clément, Adler ou encore Adam. Suspendus tout autour de la pièce, les équipements témoignent d’un mode de rangement traditionnel. Un décor authentique, où l’élégance du geste artisanal dialogue avec la mémoire du cheval.

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La sellerie du château

Disney voulait tourner La Belle et la Bête à Chaumont-sur-Loire

Le château de Chaumont-sur-Loire cache une anecdote digne des plus beaux contes de fées… hollywoodiens. Approché par la prestigieuse maison Disney, le domaine a fait battre le cœur des producteurs américains qui envisageaient de tourner une partie du film La Belle et la Bête, avec Emma Watson. Séduite par les lieux, l’équipe rêvait d’y tourner l’une des scènes d’un film devenu culte. Problème : le domaine ne pouvait pas accueillir toute l’équipe du film. Sans cet obstacle purement logistique, c’est à Chaumont-sur-Loire, choix numéro un de Disney, qu’aurait été tourné le film La Belle et la Bête.

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Le film La Belle et la Bête, avec Emma Watson, aurait dû être tourné à Chaumont-sur-Loire

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La vue du château depuis le parc et ses arbres majestueux, digne du royaume de Disney

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Le pont-levis

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Un décor digne d’un conte de fées

Une table gastronomique au pied du château

Nommé en juillet 2024 pour succéder à Guillaume Foucault, le chef Victor Villate s’est vu confier une mission claire : insuffler un nouvel élan au restaurant du Domaine, Le Grand Chaume, et séduire une clientèle plus jeune, en quête d’expériences culinaires sensibles et contemporaines. Profondément inspiré par son environnement immédiat, le chef revendique une cuisine végétale et instinctive, où les herbes tiennent une place centrale et où la couleur dialogue avec la fraîcheur et la vivacité des saveurs. Attaché à l’esprit de brigade, Victor Villate veille également à valoriser le travail collectif, cultivant une dynamique d’équipe fondée sur l’émulation et la transmission. Une atmosphère chaleureuse que les convives perçoivent dès leur arrivée et qui participe pleinement à l’expérience. Autre particularité : en décembre, le chef s’est inspiré des tableaux exposés au château pour préparer ses plats…

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Le Grand Chaume, restaurant du château

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Des plats inspirés des tableaux exposés au château

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Le tableau (à gauche) qui a inspiré l’entrée du chef Victor Villate, à base de betterave

CARNET DE VOYAGE :

Y ALLER :
Le Domaine Régional de Chaumont-sur-Loire est situé au cœur de la Région Centre-Val de Loire, dans le Loir-et-Cher, sur la rive gauche de la Loire entre les villes de Blois et Amboise, à 2h de route de Paris.
https://domaine-chaumont.fr/fr

OÙ DORMIR ?
Le Bois des Chambres se trouve à 10 minutes à pied du château. L’accès se fait par deux vastes granges réhabilitées : l’une accueille la réception, l’autre fait office de hall d’exposition. Plus loin, un alignement de petites maisons de deux étages, à l’esthétique scandinave affirmée, abrite 34 chambres au design sobre, moderne et fonctionnel. Mention spéciale aux « chambres au jardin », où le lit est installé à l’écart, dans une cabane sur pilotis au cœur de la végétation. Une expérience immersive et dépaysante, à privilégier toutefois par beau temps, sous peine de rejoindre sa couche les pieds dans l’herbe mouillée.
https://leboisdeschambres.fr/hotel-darts-et-de-nature/un-hotel-darts-de-gastronomie-et-de-culture

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Le Bois des Chambres
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