Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont adopté une interdiction d’achat, d’importation et de transfert d’or en provenance du Soudan, dont les réserves alimentent les deux camps d’un conflit qui a déplacé plus de 14 millions de personnes depuis avril 2023.
L’or soudanais est désormais frappé d’embargo européen. Le Conseil de l’UE a approuvé une série de mesures restrictives visant à couper une source de revenus jugée déterminante pour les belligérants du conflit qui oppose l’armée régulière soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, depuis avril 2023.
Le Soudan figure parmi les plus grands producteurs d’or du continent africain. Les FSR contrôlent la majorité des gisements du Darfour et du Kordofan, dans l’ouest et le centre du pays, tandis que l’armée supervise l’exploitation dans les régions nord et est. Selon des experts des Nations unies, plus de la moitié de la production nationale, et jusqu’à 70 % selon certaines estimations, quitte le territoire en contrebande chaque année.
Les filières de trafic empruntent généralement les pays voisins, Égypte, Tchad et Libye, avant d’aboutir à Dubaï, aux Émirats arabes unis, plaque tournante mondiale du raffinage et du négoce de métaux précieux.
« L’or est devenu une source de revenus essentielle qui entretient le conflit au Soudan », a déclaré le Conseil de l’UE dans un communiqué, précisant que les restrictions visaient à « réduire les ressources » dont disposent ceux qui perpétuent les violences. Les entreprises et ressortissants européens se voient désormais interdire tout achat, importation ou transport d’or d’origine soudanaise.
L’embargo s’accompagne d’une interdiction d’exporter vers le Soudan du mercure et du cyanure, deux produits chimiques couramment utilisés dans l’extraction aurifère. Une exemption est prévue pour les usages humanitaires et de santé publique.
Ces nouvelles mesures s’ajoutent à un régime de sanctions européen déjà en vigueur, qui cible des individus et des entités accusés d’alimenter le conflit. Des experts avertissent toutefois que les sanctions seules ne suffiront pas à enrayer le commerce illicite, tant que les grandes places de négoce internationales et les routes de transit régionales ne renforceront pas leur propre contrôle sur l’or soudanais.
La guerre a provoqué l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Plus de 28 millions de personnes font face à une faim aiguë au Soudan, selon les organisations d’aide internationale, tandis que la pression diplomatique s’intensifie sur les soutiens extérieurs des deux camps pour qu’ils se désengagent du conflit.
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