Un moteur électrique français promet de diviser par deux l’empreinte carbone
Un moteur électrique français promet de diviser par deux l’empreinte carbone

C’est une petite révolution technologique qui s’annonce du côté de l’industrie automobile française. L’équipementier Valeo, associé à l’Allemand Mahle, finalise la mise au point d’un moteur électrique sans terres rares. Testé depuis 2022, ce moteur, aussi compact que puissant, pourrait équiper une voiture de série dès 2030.

Un moteur sans aimants ni dépendance chinoise

Aujourd’hui, la plupart des moteurs électriques utilisent des aimants permanents contenant des terres rares, dont la Chine détient 90 % du raffinage mondial. Valeo et Mahle s’attaquent à ce verrou stratégique en remplaçant ces aimants par du cuivre, un métal bien plus accessible. « Nous avons désormais des résultats d’essais concluants avec des performances équivalentes à celles d’un moteur à aimants », explique Claudine Rochette, vice-présidente de Valeo Power. Ce moteur, de type EESM (Electrically Excited Synchronous Motor), peut atteindre une puissance de 350 kW (soit environ 476 chevaux) tout en restant plus compact. Il a toutefois nécessité une conception thermique complexe : le cuivre chauffe davantage et impose un système de refroidissement optimisé pour maintenir la puissance maximale. Mahle a conçu le rotor et son excitation sans balais, tandis que Valeo fournit l’électronique de commande intégrée à l’onduleur.

Un enjeu écologique et industriel majeur

Outre sa performance, l’innovation répond à un double impératif : écologique et géopolitique. L’extraction et le raffinage des terres rares sont extrêmement polluants. En supprimant ces matériaux, le moteur de Valeo affiche « seulement 40 % de l’empreinte carbone d’un moteur électrique classique de 350 kilowatts », selon Claudine Rochette. La démarche s’inscrit aussi dans le cadre du Critical Raw Materials Act européen, qui vise à réduire la dépendance stratégique de l’Europe à l’égard de la Chine pour les matériaux critiques. Après la pénurie orchestrée par Pékin en mai 2025, le développement d’alternatives locales est devenu une priorité pour les constructeurs européens. Valeo vise une production en série à partir de 2028, avant une première commercialisation en 2030. Renault, déjà partenaire sur le projet E7A, prépare pour sa part un moteur sans terres rares de 200 kW qui devrait équiper ses futurs modèles électriques dès 2027. Une façon pour l’industrie française de reprendre la main sur une technologie clé, tout en réduisant son empreinte écologique.

Que retenir rapidement ?

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