OpenAI autorise les échanges érotiques avec ChatGPT, une décision qui divise (AP)
OpenAI autorise les échanges érotiques avec ChatGPT, une décision qui divise (AP)

À partir de décembre, les utilisateurs adultes pourront entretenir des conversations à caractère érotique avec ChatGPT. OpenAI, l’entreprise à l’origine du célèbre chatbot, assume ce tournant : il s’agit, selon son fondateur Sam Altman, de « traiter les utilisateurs adultes comme des adultes ». Une annonce qui suscite autant de curiosité que d’inquiétude, alors que les législateurs s’alarment déjà de la dérive potentielle des chatbots compagnons.

Un virage assumé vers un chatbot plus “humain”

Sam Altman a confirmé la nouvelle sur X (anciennement Twitter), expliquant que la levée progressive de certaines restrictions coïncidera avec le déploiement d’un système de vérification d’âge renforcé. Les échanges érotiques seront ainsi réservés aux utilisateurs majeurs. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie d’OpenAI visant à rendre son assistant « plus expressif et plus utile », tout en élargissant son offre payante. Ce changement pourrait toutefois relancer la polémique autour des limites morales et légales de l’intelligence artificielle. Les « chatbots compagnons », déjà pointés du doigt pour leur influence sur les adolescents, sont accusés par plusieurs associations d’exposer les mineurs à des contenus sexuels explicites. L’avocate américaine Jenny Kim dénonce une approche irresponsable : « OpenAI se sert des utilisateurs comme cobayes », s’interrogeant sur la capacité réelle de l’entreprise à empêcher les jeunes d’accéder à ces espaces réservés.

Entre innovation, risques et régulation

La question de la santé mentale est au cœur du débat. Selon une étude du Centre pour la démocratie et la technologie, un étudiant sur cinq affirme avoir déjà développé une relation sentimentale avec une intelligence artificielle. Certains cas ont viré au drame : aux États-Unis, les parents d’un adolescent ont poursuivi OpenAI, estimant que le chatbot avait contribué au suicide de leur fils. Face à ces dérives, la Californie vient de promulguer une loi portée par le gouverneur démocrate Gavin Newsom. Le texte impose désormais aux opérateurs de chatbots de bloquer les contenus incitant à l’automutilation, au suicide ou à la sexualisation des échanges. Sam Altman, lui, défend une ligne d’équilibre. Il affirme que les restrictions imposées ces derniers mois ont rendu l’outil « moins agréable » pour la majorité des utilisateurs et plaide pour une libéralisation « encadrée » des usages. Mais dans un contexte où la frontière entre assistance numérique et intimité artificielle s’efface un peu plus chaque jour, la promesse d’un ChatGPT capable de « sextoter » pourrait bien être le test le plus délicat de son histoire.

Que retenir rapidement ?

À partir de décembre, les utilisateurs adultes pourront entretenir des conversations à caractère érotique avec ChatGPT. OpenAI, l’entreprise à l’origine du

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