Diplomatie : face au recul de Paris, Bruno Fuchs mise sur les parlementaires
Diplomatie : face au recul de Paris, Bruno Fuchs mise sur les parlementaires

Dans une interview accordée au Figaro, le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Bruno Fuchs, plaide pour une montée en puissance de la diplomatie parlementaire afin de renforcer l’influence de la France à l’international. Selon lui, les députés disposent d’outils encore largement sous-utilisés pour peser dans les équilibres mondiaux, au moment où la place de Paris est de plus en plus contestée.

Il rappelle que le Parlement exerce déjà des missions essentielles, du contrôle de l’action gouvernementale au vote des budgets de la défense et des affaires étrangères, en passant par la ratification d’une partie des traités. Mais face à la concurrence accrue de nouvelles puissances et à la recomposition du jeu international, il juge nécessaire d’aller plus loin. La baisse des moyens du Quai d’Orsay et des médias extérieurs contribuerait, selon lui, à fragiliser la capacité d’influence française.

La stratégie du dialogue parlementaire

Toujours dans les colonnes du Figaro, Bruno Fuchs met en avant plusieurs initiatives destinées à illustrer cette diplomatie d’appoint. Des missions conjointes ont été engagées avec des partenaires africains, notamment au Sénégal sur les enjeux migratoires et en République démocratique du Congo sur la coopération économique. Des travaux ont aussi été lancés avec le Maroc autour du futur traité d’amitié bilatéral, avec l’objectif assumé de réinvestir des zones où la France a perdu du terrain.

Cette approche pourrait également s’avérer utile dans les régions où les relations entre exécutifs sont dégradées, notamment au Sahel. Les parlementaires disposeraient, selon cette analyse, d’une capacité de dialogue plus souple avec leurs homologues étrangers, permettant de maintenir des canaux ouverts même en période de tensions. Une initiative européenne associant les présidents des commissions des affaires étrangères du continent s’inscrit dans cette logique de coordination renforcée.

À terme, cette stratégie vise à redonner à la France un rôle moteur dans la défense du droit international et dans la prévention des crises. Pour Bruno Fuchs, le pays doit impérativement se réinterroger sur ses moyens d’action s’il veut conserver son rang de puissance mondiale dans un environnement diplomatique devenu nettement plus compétitif.

Partager