Meta annonce avoir pris des mesures contre 3,7 millions de comptes, pages et autres entités liés à des escroqueries en ligne, grâce à des informations fournies par la police de Singapour. Depuis deux ans, le groupe américain travaille avec les autorités locales afin d’identifier les réseaux qui organisent ces fraudes sur Facebook et Instagram. Entre janvier et juin 2026, plus de 113 000 comptes et pages associés à des activités frauduleuses ont ainsi été supprimés. Pour le seul mois de juin, plus de 33 600 entités ont été ciblées, notamment dans le secteur des faux voyages et des offres commerciales trompeuses.
L’opération a surtout changé d’échelle en juillet avec plus de 3,6 millions d’entités supplémentaires visées. Une grande partie d’entre elles étaient ce que Meta appelle des « coquilles vides » : des pages sans activité ni contenu apparent, conservées ou revendues afin d’être utilisées ultérieurement par des réseaux d’escrocs. Leur suppression avant même leur activation illustre la nouvelle stratégie de la plateforme, qui cherche désormais à intervenir en amont plutôt qu’à attendre les premiers signalements d’utilisateurs victimes.
Des escrocs capables de fabriquer des milliers de faux profils grâce à l’IA
Cette offensive intervient alors que l’intelligence artificielle bouleverse profondément l’économie de l’arnaque en ligne. Selon Meta, les fraudeurs l’utilisent désormais pour générer en masse de faux profils, fabriquer des photographies crédibles, écrire des messages personnalisés ou produire du code malveillant. Là où une opération nécessitait auparavant plusieurs personnes pour gérer quelques dizaines de comptes, des outils automatisés permettent aujourd’hui de reproduire les mêmes techniques à une échelle industrielle. Les arnaques sentimentales, faux investissements, fausses boutiques, offres de voyage inexistantes ou usurpations d’identité peuvent ainsi être déployés simultanément auprès de milliers d’utilisateurs.
La coopération avec Singapour doit servir de modèle à Meta dans d’autres pays d’Asie, mais elle pose aussi une question plus large pour l’ensemble des plateformes : comment combattre des organisations frauduleuses qui circulent d’un réseau social à l’autre et opèrent depuis plusieurs juridictions ? En partageant directement leurs renseignements avec les plateformes, les services de police peuvent permettre de remonter jusqu’aux infrastructures utilisées par les fraudeurs plutôt que de supprimer chaque compte individuellement. Les 3,7 millions d’entités visées montrent cependant l’ampleur du défi : alors que les plateformes automatisent leur détection, les escrocs utilisent eux aussi les mêmes technologies pour créer toujours plus rapidement de nouvelles identités numériques.

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