Le pape Léon XIII a décidé lundi de réduire les pouvoirs de la banque du Vatican, revenant ainsi sur l’une des réformes emblématiques de son prédécesseur, le pape François, en matière de transparence financière. Dans un décret publié depuis la Cité du Vatican, le souverain pontife a mis fin au monopole de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) sur la gestion des investissements du Saint-Siège.
Cette décision marque un changement significatif dans la politique économique du Vatican. Le texte précise que les différents départements de la Curie romaine pourront désormais choisir librement leurs partenaires financiers, y compris des établissements bancaires étrangers, « lorsque cela est jugé plus efficace ou plus pratique ». Toutefois, l’usage de la banque du Vatican demeure recommandé par défaut.
Sous le pontificat de François, la banque du Vatican avait été placée au cœur d’un vaste processus de centralisation et de contrôle destiné à renforcer la transparence et à prévenir les abus. En 2022, le pape argentin avait imposé que tous les investissements de la cité-État passent exclusivement par l’IOR, dans le cadre de son effort pour moraliser la gestion financière de l’Église après des décennies de scandales.
Le décret de Léon XIII, plus libéral dans son approche, semble vouloir assouplir ce système centralisé en redonnant une marge de manœuvre aux différents organismes du Saint-Siège. Selon des observateurs du Vatican, cette mesure pourrait faciliter certains partenariats économiques, mais elle risque aussi de relancer les critiques sur les risques d’opacité et de mauvaise gouvernance.
Le Vatican a longtemps été ébranlé par des affaires de corruption et de détournement de fonds, notamment dans la gestion immobilière et les investissements internationaux. Si François avait entrepris de profondes réformes structurelles, leur mise en œuvre a souvent été entravée par des résistances internes et des querelles bureaucratiques.
Léon XIII, élu en 2025 après la démission du pape François, cherche depuis le début de son pontificat à réorienter la gouvernance du Saint-Siège vers davantage de flexibilité et de pragmatisme administratif. Cette décision sur la banque du Vatican illustre clairement ce virage.