Décédée en 2011, Hélène Rochereux avait fait de Paris le légataire universel de son patrimoine, à condition que la ville prenne soin de deux sépultures familiales. Après des hésitations, la municipalité a accepté ce legs de 280 000 euros. C’est un geste rare et profondément symbolique qui a été salué ce mardi 8 avril au Conseil de Paris. Les élus ont accepté, à l’unanimité, la donation posthume d’Hélène Rochereux, une Parisienne du XXe arrondissement décédée en 2011, qui avait choisi de faire de la Ville de Paris l’héritière universelle de ses biens. Dans son testament rédigé en 1999, elle conditionnait ce legs à une demande : que la ville s’engage à entretenir à perpétuité deux caveaux familiaux, l’un situé au cimetière du Père-Lachaise, l’autre à Villedieu-sur-Indre, dans le département de l’Indre.
Une volonté testamentaire respectée treize ans après sa mort
La somme léguée à la Ville s’élève à 280 000 euros, fruit d’économies soigneusement mises de côté tout au long de la vie d’Hélène Rochereux. Une donation touchante, décrite comme un geste d’affection par Paul Simondon, adjoint PS en charge des finances et des affaires funéraires, qui s’est personnellement engagé à faire respecter cette dernière volonté. Ce ne sera pas très compliqué de réaliser cet entretien au Père-Lachaise. Nous prendrons les dispositions pour l’autre caveau à Villedieu-sur-Indre, pour entretenir la mémoire de cette Parisienne et de sa sœur. L’entretien des sépultures est souvent confié aux familles, et rares sont les legs qui en font une condition impérative. En l’espèce, il s’agit non seulement d’un legs financier important, mais aussi d’un acte de confiance envers la Ville, qui doit désormais honorer cette mission… à perpétuité.
Pourtant, ce legs a bien failli ne jamais être accepté. En décembre dernier, les services municipaux avaient rendu un avis défavorable. La délibération mettait en avant des charges irréalisables pour la municipalité, notamment en ce qui concerne l’entretien du caveau situé à Villedieu-sur-Indre, à cause de son éloignement géographique. La direction des espaces verts et de l’environnement, en charge des cimetières, estimait ne pas disposer des moyens nécessaires pour honorer une obligation d’entretien ad vitam aeternam.
Respecter les derniers vœux
Face à l’absurdité d’un refus motivé par la difficulté logistique à entretenir une sépulture, Paul Simondon a décidé de retirer cette première délibération de l’ordre du jour, permettant ainsi à la Ville de faire marche arrière et d’accepter officiellement la donation. Avec cet engagement, la Ville de Paris ne s’assure pas seulement la responsabilité de deux caveaux, mais elle répond aussi à une demande empreinte de sensibilité : entretenir la mémoire d’une femme qui, dans ses derniers vœux, avait choisi sa ville pour gardienne de son souvenir.