Un tribunal français a approuvé jeudi la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais emprisonné depuis 1984 pour complicité dans les assassinats de diplomates américain et israélien à Paris au début des années 1980, ont indiqué des sources judiciaires à Reuters. Condamné à la réclusion à perpétuité en 1987, Abdallah devrait sortir de prison le 25 juillet prochain, à condition qu’il quitte immédiatement le territoire français.
Figure controversée, Georges Abdallah est un ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), un groupe d’extrême gauche pro-palestinien impliqué dans plusieurs attentats en Europe durant la guerre du Liban. Il avait été reconnu coupable d’avoir aidé à organiser les meurtres, en 1982, de Charles Ray, attaché militaire à l’ambassade des États-Unis à Paris, et de Yacov Barsimentov, diplomate israélien.
Malgré plusieurs décisions judiciaires favorables à sa libération conditionnelle au fil des années, celle-ci avait toujours été bloquée par des refus administratifs ou politiques, notamment à la demande des États-Unis et d’Israël. Cette fois-ci, selon une source proche du dossier, la décision a été prise avec l’assurance qu’Abdallah serait expulsé du territoire français vers le Liban immédiatement après sa sortie.
Âgé de 73 ans, Georges Abdallah est devenu un symbole dans certains cercles militants. Depuis des années, des rassemblements sont régulièrement organisés en France et au Liban pour exiger sa libération, tandis que ses partisans le décrivent comme un prisonnier politique. Ses détracteurs, en revanche, soulignent la gravité des faits pour lesquels il a été condamné et estiment qu’il ne devrait pas être relâché.
Ni le ministère français de la Justice ni le ministère de l’Intérieur n’ont officiellement commenté la décision à ce stade. L’ambassade des États-Unis à Paris n’a pas non plus réagi dans l’immédiat.
Cette libération relance un débat sensible en France sur les conditions de détention à perpétuité, les pressions diplomatiques internationales et le traitement réservé aux anciens membres de groupes armés d’extrême gauche.