Un homme de 34 ans est entre la vie et la mort après avoir été violemment agressé dans la nuit du 1er juin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Il aurait été roué de coups par une quinzaine d’hommes, dont un père et ses deux fils, excédés par la présence de squatteurs dans leur immeuble en cours de désaffectation. Tout commence dans un bâtiment HLM vide à 90 %, situé rue du Clos-Français, dans le quartier de La Noue. Le couple formé par Abdelkrim et Anne-Marie, respectivement 34 et 19 ans, tente de s’y installer, dans un logement abandonné. Selon le témoignage de la jeune femme, un autre sans-abri aurait profité de l’absence de son compagnon pour l’agresser sexuellement. Apeurée, elle aurait réussi à faire fuir son agresseur avant d’appeler Abdelkrim à la rescousse.
Le passage à tabac a été d’une rare violence
À son arrivée, le couple fait du bruit. Deux résidents s’en agacent, leur demandent de partir. Une première altercation éclate, les squatteurs s’enfuient. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le duo est retrouvé un peu plus loin, dans un pavillon de la rue Hoche. Là, une quinzaine de jeunes du quartier, armés de gourdins, les rattrapent. La foule frappe violemment Abdelkrim, le laissant inconscient dans une mare de sang. Sa compagne, elle aussi blessée, est en état de choc. Transporté d’urgence à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Abdelkrim est plongé dans le coma. Il souffre d’une hémorragie cérébrale et d’un traumatisme crânien grave. Son ITT est évaluée à cent jours, non définitive. Trois hommes — un père de 61 ans et ses fils de 21 et 25 ans — ont été mis en examen pour tentative de meurtre. Les deux plus jeunes ont été écroués. Le père, lui, a été placé sous contrôle judiciaire. Lors de leur audition, ils ont reconnu les faits, tout en affirmant qu’ils souhaitaient seulement faire peur au couple. Tous ont évoqué des tensions persistantes liées à la présence de squatteurs dans leur immeuble, et la nécessité de préserver un minimum de tranquillité pour s’occuper d’un membre de leur famille atteint d’une grave maladie. Le parquet de Bobigny poursuit l’instruction.