La directrice générale de la sécurité intérieure, Céline Berthon, a lancé un appel aux députés ce dimanche pour qu’ils soutiennent un dispositif clé dans la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, la patronne de la DGSI défend une mesure permettant aux services de renseignement d’accéder aux échanges de suspects utilisant des messageries cryptées.
Ce dispositif, initialement prévu dans la proposition de loi contre le narcotrafic, a été rejeté en commission avant d’arriver en séance publique à l’Assemblée nationale ce lundi. Un revers que Céline Berthon déplore fermement. « Très concrètement, nous sommes aveugles sur le contenu des conversations de nos cibles », explique-t-elle, pointant la montée en puissance des outils cryptés dans l’organisation des réseaux criminels et terroristes.
Pour la cheffe du renseignement intérieur, il ne s’agit pas d’une « surveillance généralisée », mais d’un outil ciblé, encadré et limité dans le temps, à l’image des écoutes téléphoniques déjà pratiquées. Elle estime que son refus par certains parlementaires relève d’une incompréhension des enjeux sécuritaires et accuse certains opposants de « mauvaise foi » et de motivations idéologiques.
Alors que la criminalité organisée et les menaces terroristes exploitent toujours plus les nouvelles technologies, l’avenir de cette mesure sera scruté de près lors des débats parlementaires. Le gouvernement devra convaincre que l’équilibre entre sécurité nationale et libertés individuelles est préservé pour espérer faire adopter ce texte sensible.