Mohamed Amra extrait de la prison de Condé-sur-Sarthe: polémique autour d’une décision à haut risque
Mohamed Amra extrait de la prison de Condé-sur-Sarthe: polémique autour d’une décision à haut risque

Détenu depuis février à la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne), Mohamed Amra, surnommé “La Mouche” et considéré comme un narcotrafiquant dangereux, a été extrait ce mercredi matin pour être entendu par des juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée, au tribunal de Paris.

L’opération a eu lieu vers 7h30, avec le déploiement d’un important dispositif de sécurité, incluant un transfert en hélicoptère sous la supervision du GIGN. Une décision qui a fait l’objet de vives tensions jusque dans les rangs du gouvernement.

Un passé lourd et une extraction controversée

La colère des syndicats pénitentiaires est palpable. Ils dénoncent une prise de risque inutile, rappelant que lors d’une précédente extraction, le 14 mai 2024, un commando lourdement armé avait attaqué un fourgon pénitentiaire transportant Amra au péage d’Incarville (Eure). Le bilan avait été dramatique : deux agents tués, trois grièvement blessés, et l’évasion spectaculaire du détenu.

Mohamed Amra était alors resté en cavale pendant neuf mois, avant d’être arrêté le 22 février 2025 à Bucarest, en Roumanie.

L’annonce de cette nouvelle extraction a ravivé les tensions. Plusieurs syndicats demandaient une audition en visioconférence ou un déplacement des juges d’instruction à la prison, afin d’éviter tout risque sécuritaire. Même au sein du gouvernement, les avis divergent.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a exprimé ses réserves, déclarant sur RTL que « faire sortir des détenus aussi dangereux, ce sont des risques majeurs ». À l’inverse, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est voulu rassurant, affirmant qu’il était « certain qu’il ne se passera rien », grâce à un dispositif de sécurité exceptionnel.

Un cadre légal respecté, selon la défense

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Me Lucas Montagnier, l’un des avocats de Mohamed Amra, a précisé que l’extraction avait été « décidée dans le strict respect de la législation en vigueur ».

Les magistrats, quant à eux, se disent agacés par les critiques, rappelant que l’opération a été préparée dans des conditions de sécurité extrêmes, en lien étroit avec les forces d’élite comme le GIGN et le RAID…

Partager