Le marché des voitures d’occasion démarre 2026 sur les rotules. Avec seulement 416 960 immatriculations en janvier, selon le baromètre AutoScout24, la baisse atteint 9,8 % sur un an (et 5,5 % corrigée des jours ouvrables). Même en remontant à janvier 2019 (pré-Covid), le recul reste de 8,3 %. Le neuf ne sauve pas la mise : 107 157 immatriculations, -6,6 % sur un an et -30,9 % sur 2019. Le ratio VO/Neuf reste très élevé (3,89), mais l’occasion, traditionnellement locomotive du secteur, cale sévèrement. Après une année 2025 stable, voire légèrement positive, ce début d’année en berne interroge : les bonnes affaires ont-elles vraiment disparu ?
Les segments récents souffrent le plus
Le détail par âge des véhicules est éloquent. Les occasions très récentes (1 an et moins) reculent de 9,14 % en volume. Le cœur de marché (2 à 5 ans), celui que tout le monde recherche, plonge de 19,73 %. Les 6-10 ans baissent de 9,12 %, les 11-15 ans de 12,66 %. Seuls les plus de 16 ans affichent une petite hausse (+0,78 %) et pèsent désormais 28,98 % des ventes. Structure claire : pénurie de modèles récents, conséquence directe de la chute des ventes neuves 2020-2022 et du ralentissement de la production post-Covid. Résultat : les voitures de moins de 5 ans, les plus désirées, se font rares et restent chères.
Prix en légère baisse, mais toujours très élevés
Côté portefeuille, il y a un début de respiration. Le prix moyen des annonces sur AutoScout24.fr s’établit à 30 679,51 € en janvier 2026, soit -4,5 % sur un an et -3,3 % sur 2024. C’est le niveau le plus bas depuis avril 2023. Bonne nouvelle pour les acheteurs ? Pas vraiment : par rapport à janvier 2019, les prix restent 37,1 % plus élevés. La hausse des dernières années n’a pas été effacée. On assiste à un ajustement, pas à un effondrement.
Motorisations : l’électrique et l’hybride grimpent
La transition s’accélère sur le marché de l’occasion. L’essence perd 13,83 % en volume (34,95 % de part), le diesel 12,56 % (40,23 %). À l’inverse, les motorisations électrifiées progressent de 9,61 % et pèsent désormais 15,10 % du marché (+1,53 point sur un an). Les hybrides classiques gagnent 13,91 %, les électriques 10,89 %, tandis que les hybrides rechargeables reculent légèrement (-3,79 %). Les Français, même sur l’occasion, commencent à basculer vers l’électrifié, mais les prix restent un frein majeur.
Marques françaises toujours leaders, chinoises en hausse
Les constructeurs tricolores conservent 43,82 % de part de marché, mais perdent 8,71 % en volume. Les premiums allemands et le groupe Volkswagen reculent aussi, tout comme les japonaises et coréennes. Seules les marques chinoises affichent une hausse significative (+9,81 %), même si elles ne représentent encore que 0,44 % du marché. Un signal clair : les acheteurs d’occasion commencent à tester les BYD, MG, MG4 et consorts, souvent plus accessibles en prix.
Pourquoi ce mauvais démarrage ?
Plusieurs facteurs expliquent ce coup de mou : pénurie persistante de VO récentes (effet Covid + production ralentie), prix encore très élevés malgré la légère baisse, attentisme face à l’électrification et aux aides qui évoluent, pouvoir d’achat toujours contraint, concurrence du neuf (promos, LOA/LLD attractives).
Pour l’automobiliste, le message est clair : les bonnes affaires existent, mais elles se font plus rares sur les modèles récents et populaires. Il faut soit accepter des voitures plus âgées (et souvent plus fiables à 100 000 km+), soit se tourner vers l’hybride/électrique d’occasion, soit attendre que l’offre se reconstitue. En attendant, janvier 2026 reste marqué d’un gros point d’interrogation rouge sur le marché VO français.