Le ciel français s’enfume : les incendies du Canada ont traversé l’Atlantique
Le ciel français s’enfume : les incendies du Canada ont traversé l’Atlantique

Ciels rouges, brume étrange, lueurs orangées… Depuis le début du mois de juin, une étrange lumière plane sur la France, l’Espagne et une partie de l’Europe du Nord. À l’origine : un panache de fumée venu tout droit des incendies géants qui ravagent les forêts canadiennes. Une traversée de l’Atlantique aussi spectaculaire qu’inquiétante.

Un voyage de fumée à haute altitude

Selon le service européen Copernicus (CAMS), des feux massifs dans les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan ont propulsé d’immenses nuages de monoxyde de carbone dans l’atmosphère. Détectés par satellite, ces panaches ont franchi l’océan pour atteindre l’Europe. Un premier épisode a effleuré la Méditerranée dès les 18 et 19 mai. Mais c’est surtout la fin du mois qui a marqué les esprits, avec un second nuage bien plus dense qui s’est déployé sur la France dès le 1er juin. Paris, les côtes bretonnes, le Pas-de-Calais ou encore Malaga ont vu leurs levers et couchers de soleil se teinter d’orange et de rouge. Un spectacle étrange, sans danger immédiat, rassure Copernicus : la fumée évolue en haute altitude, sans altérer la qualité de l’air au sol.

Une saison des feux hors norme

Mais ces images sont les symptômes visibles d’une saison des incendies qui s’annonce catastrophique au Canada. Sécheresse extrême, températures anormalement élevées, forêts inflammables : les autorités redoutent un été « bien au-dessus de la moyenne ». Des milliers d’habitants ont déjà été évacués dans les provinces centrales. Et pendant que le Canada brûle, la Russie aussi est en proie à des feux incontrôlables à l’est du lac Baïkal. D’après Copernicus, près de 35 mégatonnes de carbone ont été rejetées dans l’atmosphère rien que depuis avril. Le ciel européen est peut-être hors de portée des flammes. Mais il porte déjà la trace d’un monde qui s’échauffe.

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