La bataille judiciaire est lancée contre le projet Flying Whales à Laruscade, dans le nord de la Gironde. Ce lundi 9 février 2026, la Sepanso (fédération régionale des associations de protection de la nature) a déposé deux recours devant le tribunal administratif de Bordeaux. Elle conteste les arrêtés préfectoraux qui autorisent la déclaration d’utilité publique (DUP), les expropriations, le déboisement de 75 hectares, la destruction ou dégradation de 39 hectares de zones humides et la dérogation à la protection d’espèces animales et végétales. Une offensive juridique qui survient au lendemain d’une manifestation rassemblant une centaine de personnes sur le site, dimanche 8 février. Les deux recours visent : l’arrêté DUP et les autorisations d’expropriation (valables cinq ans) ; l’autorisation environnementale globale qui permet l’aménagement de la zone d’activité économique « Filière dirigeable ».
La Sepanso dénonce une « forte incertitude sur la viabilité technologique et économique » du projet, déjà pointée par le rapport de la commission d’enquête publique du 4 septembre 2025. Elle conteste également l’impact écologique : déforestation massive, atteinte à des zones humides et destruction d’habitats d’espèces protégées, le tout pour un projet jugé « pharaonique et hasardeux ».
Un projet industriel très soutenu… mais très contesté
Flying Whales prévoit de construire à Laruscade une usine capable de produire 70 dirigeables de 60 tonnes de charge utile sur dix ans. L’entreprise promet 300 emplois directs sur la zone. Le dossier bénéficie d’un soutien politique fort : État, Région Nouvelle-Aquitaine, partenaires industriels internationaux. Mais les opposants locaux et associatifs, minoritaires mais déterminés, dénoncent une artificialisation des sols disproportionnée et un risque de « gâchis environnemental » pour un projet dont la réalité industrielle reste à démontrer.
La mobilisation du 8 février, organisée par le Groupement national de surveillance des arbres (GNSA), a redonné du moral aux riverains qui se sentent isolés. La Sepanso, en portant l’affaire devant le juge administratif, espère suspendre ou annuler les autorisations préfectorales. Le tribunal administratif de Bordeaux devra maintenant se prononcer sur la recevabilité et le fond des recours. En attendant, le chantier reste suspendu à ces décisions judiciaires. À Laruscade, le combat entre ambitions industrielles et préservation de la nature vient de prendre un nouveau tournant judiciaire. Le sort des 75 hectares boisés et des zones humides dépend désormais des juges.