Le procès de Martial Lanoir, 53 ans, a pris un tournant glaçant mercredi à la cour d’assises de Paris. Ce militant conspirationniste, ancien musicien reconverti dans la haine en ligne, est accusé d’avoir abattu d’une balle dans la tête le jeune Éric Casado Lopez, 27 ans, dans la nuit du 14 mai 2022, boulevard de Clichy. Lanoir affirme avoir voulu stopper une agression, une version qui ne convainc ni les juges ni l’avocat général.
Un récit déconnecté des faits
L’accusé soutient avoir été témoin d’un lynchage et être intervenu pour faire cesser la violence. Mais aucun témoin ni aucune vidéo ne confirme ses dires. Le certificat médical de la prétendue victime du lynchage contredit son récit : aucun traumatisme grave n’a été constaté. « Vous y êtes autorisé si vous ne mettez pas la vie d’une autre personne en danger », a sèchement rappelé l’avocat général à l’accusé, qui portait illégalement un Colt 45 volé à un proche.
Militant sur une chaîne Telegram où il appelait à une guerre raciale, Lanoir avait publié quelques heures avant le drame un message vocal appelant à « éliminer les juifs et les cafards ». Pour Me Nelson De Oliveira, avocat de la famille de la victime, ce tir en pleine tête à 10 mètres ne relève pas de la légitime défense, mais d’un meurtre prémédité par haine idéologique.
Martial Lanoir encourt 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu ce vendredi.