Grève chez Ubisoft : entre 538 et 1 200 salariés mobilisés, selon les comptages
Grève chez Ubisoft : entre 538 et 1 200 salariés mobilisés, selon les comptages

Trois jours de grève ont débuté mardi 10 février chez Ubisoft, à l’appel d’une intersyndicale qui vise l’ensemble des 3 800 salariés du groupe en France. En cause : une réorganisation annoncée le 21 janvier, des projets annulés, un plan d’économies et une évolution du cadre de travail, notamment sur le télétravail. Dès la première journée, l’ampleur du mouvement a fait l’objet de deux évaluations différentes : la direction parle de 538 grévistes déclarés, tandis que les syndicats avancent 1 200 participants.

Des piquets en régions et une contestation des choix de la direction

A Saint-Mandé, devant le siège francilien, plusieurs dizaines de salariés se sont rassemblés, pendant que d’autres piquets se tenaient à Bordeaux, Lyon, Montpellier et Annecy. Des représentants syndicaux ont expliqué que les salariés s’inquiètent d’une succession de réorganisations et de décisions prises sans concertation suffisante, avec un sentiment d’instabilité lié à l’annulation de plusieurs jeux et à l’orientation stratégique du groupe. Selon Le Figaro, des salariés présents sur place évoquent un climat de “peur” et disent ne pas voir de reconnaissance des erreurs stratégiques, résumant la situation par la formule : “Les mauvaises décisions s’enchaînent”.

Sur le terrain, l’un des sujets les plus sensibles reste le changement de règles autour du télétravail : Ubisoft prévoit un retour accru en présentiel, avec un volume de jours à distance encadré sur l’année. Cette question, déjà au cœur de tensions précédentes, est présentée par les syndicats comme un élément qui pèse directement sur l’organisation du quotidien et l’attractivité des postes, notamment dans un secteur où la concurrence pour les profils qualifiés est forte.

Maisons créatives, départs volontaires et inquiétudes sur les conditions de travail

La direction a annoncé vouloir restructurer l’entreprise autour de cinq “maisons créatives”, présentées comme des pôles dotés d’une autonomie renforcée selon les styles de jeux et certaines licences, avec des précisions attendues au 1er avril. En parallèle, un plan d’économies est engagé, et le siège d’Ubisoft International en France est concerné par une rupture conventionnelle collective pouvant toucher 200 postes sur environ 1 100 salariés.

Du côté syndical, Vincent Cambedouzou, délégué STJV à Ubisoft Paris, a dit sur France Inter redouter une dégradation durable du climat social, allant jusqu’à affirmer : “On a très peur qu’à terme, tout ça finisse comme ça s’est fini chez France Télécom”. Toujours sur France Inter, il a également évoqué une multiplication d’alertes internes liées à la santé au travail, parlant “d’accidents de travail” en hausse et de procédures enclenchées pour “danger grave et imminent”. Ubisoft, de son côté, assure avoir lancé des réunions et des temps d’échange pour expliquer la nouvelle organisation et affirme être engagé dans un “dialogue ouvert et constructif” avec les représentants du personnel, selon le communiqué cité par France Inter.

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