Hier, un terrible drame a coûté la vie à un randonneur grec de 59 ans, alors qu’il explorait les forêts du massif des Rhodopes, au nord-est de la Grèce, non loin de la frontière bulgare. Selon les secours grecs et plusieurs témoignages, l’homme a été précipité dans un ravin par un ours brun après une rencontre brutale sur un sentier de montagne.
Une expédition bien préparée qui tourne au drame
Christos Stavrianidis, accompagné de son ami Dimitris Kioroglou, un marcheur expérimenté, explorait la zone boisée dans le cadre d’une randonnée visant à localiser et rendre accessible un site historique peu connu : l’épave d’un avion de guerre grec écrasé dans les années 1950, découverte l’été précédent. Leur objectif était de cartographier un itinéraire plus sûr pour d’éventuels visiteurs.
Selon le témoignage de Kioroglou rapporté par le portail grec NewsIT, les deux hommes ont été surpris par un ours brun adulte. « J’ai vu brusquement un ours m’attaquer. Mon chien a tenté de le retenir. J’ai utilisé un spray au poivre pour le repousser », a-t-il expliqué. « Mais l’animal s’est alors dirigé vers mon ami et l’a poussé dans le vide. »
Christos Stavrianidis a été retrouvé au fond d’un ravin profond d’environ 40 mètres par les secours du service national d’urgence EKAV, alertés peu après l’incident. Il a été transporté à l’hôpital de Komotiní où son décès a été constaté.
Une attaque défensive selon les experts
Selon Panos Stefanou, porte-parole de l’ONG environnementale Arktouros, spécialisée dans la protection de la faune sauvage et notamment des ours bruns en Grèce, l’incident relève davantage d’un comportement défensif que d’une attaque prédatrice.
« Les ours ne s’en prennent pas volontairement aux humains. Si celui-ci a chargé, c’est probablement parce qu’il s’est senti menacé. Ce type de réaction peut survenir lorsqu’un ours est surpris à courte distance, surtout s’il défend un territoire ou des petits », a-t-il déclaré à la chaîne publique grecque ERT.
L’ours brun européen est une espèce protégée par la Convention de Berne, ratifiée par la Grèce. D’après les données de l’ONG Arktouros, environ 450 spécimens vivent sur le territoire grec, principalement dans les montagnes du nord, dont les Rhodopes. La cohabitation avec les humains y devient de plus en plus délicate, notamment en raison du réchauffement climatique, de la fragmentation de leur habitat et de l’augmentation du tourisme de nature.
Une cohabitation de plus en plus délicate
Les autorités grecques ont rappelé les consignes de prudence à l’intention des randonneurs, notamment dans les zones forestières reculées. Il est recommandé de faire du bruit pour éviter de surprendre un animal sauvage, de ne pas s’approcher des oursons et de transporter un spray répulsif — bien que son efficacité reste relative, comme en témoigne ce drame.
Des incidents similaires, bien que rares, ont été recensés dans d’autres régions de montagne en Europe de l’Est. En 2022, un randonneur avait été grièvement blessé par un ours dans le parc national de Piatra Craiului, en Roumanie, un pays qui abrite la plus grande population d’ours bruns en Europe. En Grèce, les cas mortels sont exceptionnels. L’accident de Stavrianidis est l’un des rares à avoir été recensé comme fatal au cours des dernières décennies.
Appel à la sensibilisation et à la protection
À la suite de cette tragédie, plusieurs associations de protection de la nature ont appelé à renforcer la sensibilisation du public sur les comportements à adopter en milieu sauvage. Arktouros a également souligné la nécessité de mieux baliser les zones à forte présence d’ours et de renforcer les programmes d’éducation environnementale.
Le ministère de l’Environnement grec a annoncé l’ouverture d’une enquête pour mieux comprendre les circonstances exactes de l’incident et déterminer si des mesures de prévention supplémentaires doivent être mises en place.