Bruxelles est secouée par une série de fusillades ultraviolentes liées au narcotrafic, plongeant la capitale belge dans une crise sécuritaire majeure. Un homme a été abattu dans la nuit de jeudi à vendredi dans la commune d’Anderlecht, marquant la quatrième fusillade depuis mardi soir. Cet événement dramatique intervient alors que la ville est en proie à une véritable guerre des gangs pour le contrôle des points de deal, surnommés « hotspots » par les autorités.
Les tirs, notamment dans le quartier du Peterbos, sont vus comme des représailles aux affrontements survenus aux abords de la station de métro Clemenceau, où deux hommes armés de fusils d’assaut ont tiré en pleine rue mercredi. Des impacts de balle ont même été retrouvés dans la chambre d’un enfant, suscitant une vive indignation. Le procureur de Bruxelles, Julien Moinil, a tiré la sonnette d’alarme : « Combien de morts faudra-t-il avant une réaction à la hauteur ? »
Les autorités locales, dont le bourgmestre d’Anderlecht Fabrice Cumps, pointent l’insuffisance des moyens policiers et judiciaires face à cette montée de la violence. Malgré les appels à renforcer les effectifs et à démanteler les réseaux, les renforts promis par le gouvernement se font attendre. « Un point de deal rapporte jusqu’à 50 000 euros par jour », souligne Cumps, soulignant la nécessité d’une action musclée et coordonnée.
Le gouvernement dirigé par Bart De Wever a promis une « tolérance zéro », mais les moyens budgétaires contraints et la réticence des bourgmestres à fusionner les zones de police compliquent la mise en œuvre rapide de solutions. En 2024, la ville avait déjà enregistré 92 fusillades liées au narcotrafic, causant 9 morts et 48 blessés. Ce début d’année 2025 ne fait qu’aggraver le sentiment d’urgence.
Face à l’ampleur du phénomène, les experts s’interrogent sur la capacité de Bruxelles à contenir cette violence sans une réforme profonde de ses structures de sécurité. Le narcotrafic, autrefois concentré à Anvers, semble désormais s’étendre sans frein à la capitale, faisant craindre un scénario où la violence deviendrait un élément quotidien de la vie bruxelloise.