Bastia - un vol Air Corsica contraint de renoncer à l’atterrissage, dérouté vers Ajaccio sous des rafales à 80 km:h
Bastia - un vol Air Corsica contraint de renoncer à l’atterrissage, dérouté vers Ajaccio sous des rafales à 80 km:h

Les passagers pensaient toucher terre en Haute-Corse en fin d’après-midi. Ils ont finalement terminé leur voyage par la route. Lundi 16 février, un vol de la compagnie Air Corsica reliant Nice à Bastia a dû interrompre sa manœuvre d’atterrissage en raison de vents violents frappant l’île, avant d’être redirigé vers Ajaccio.

Ce jour-là, les rafales ont dépassé les 80 km/h entre la métropole et la Corse. À l’approche de la piste bastiaise, l’appareil, un ATR utilisé pour les liaisons régionales, a été fortement secoué. Selon les éléments rapportés, les conditions ne permettaient pas de garantir une arrivée en toute sécurité. Le commandant de bord a donc décidé de remettre les gaz, procédure classique lorsqu’un atterrissage devient incertain.

La décision n’a rien d’exceptionnel dans l’aviation commerciale, où la sécurité prime sur toute autre considération. Une fois la manœuvre interrompue, le contrôle aérien a orienté l’avion vers l’aéroport d’Ajaccio, moins exposé aux rafales à ce moment précis.

Un déroutement maîtrisé, des passagers acheminés par la route

L’appareil s’est posé sans difficulté dans la capitale corse. Aucun incident n’a été signalé lors de cette seconde tentative d’atterrissage. Les passagers ont ensuite été pris en charge pour rejoindre Bastia en bus, ultime étape d’un trajet écourté par les caprices du vent.

Si les images diffusées sur les réseaux sociaux ont pu impressionner, la séquence relève d’un protocole parfaitement encadré. Remettre les gaz constitue une procédure standard lorsqu’un pilote estime que les paramètres ne sont pas réunis pour garantir un poser sûr. Dans ce cas précis, les rafales latérales rendaient l’approche trop instable.

D’après les informations relayées localement, ce type de déroutement reste relativement rare à Bastia. L’aéroport enregistrerait en moyenne trois à quatre situations comparables par an. La configuration géographique du site, exposé aux vents et entouré de reliefs, peut compliquer certaines approches lorsque les conditions météorologiques se dégradent brutalement.

L’épisode illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des liaisons aériennes insulaires aux aléas climatiques. Entre vents violents, épisodes méditerranéens et variations rapides de météo, les équipages doivent régulièrement adapter leurs plans de vol. Pour les compagnies régionales comme Air Corsica, habituées à ces contextes, la flexibilité opérationnelle fait partie du quotidien. Finalement, plus de peur que de mal pour les passagers du vol Nice-Bastia. Si l’atterrissage initial a été abandonné, la chaîne de décision a fonctionné comme prévu. En aviation, l’imprévu ne s’improvise pas, il s’anticipe. Ce lundi de février, la prudence a simplement prolongé le voyage de quelques kilomètres.

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