Autoroute A69 - les opposants saisissent le Conseil d’État (wikipedia commons)
Autoroute A69 - les opposants saisissent le Conseil d’État (wikipedia commons)

Nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire de l’autoroute A69 Castres-Toulouse. Ce vendredi 8 février 2026, le collectif La Voie est libre, avec 11 co-requérants, a déposé un recours devant le Conseil d’État. Objectif : faire annuler la décision du 30 décembre 2025 par laquelle la cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé la reprise des travaux, après la suspension prononcée en février 2025 par le tribunal administratif de Toulouse (qui estimait alors que l’intérêt public majeur n’était pas démontré).

Le collectif ne conteste pas le fond du dossier sur le terrain, mais la forme juridique des décisions rendues. Il reproche aux juges d’appel d’avoir commis « une deuxième erreur de droit » en ignorant l’absence d’étude d’alternatives sérieuses et en écartant les avis défavorables du CNPN (Conseil national de la protection de la nature) et de l’Autorité environnementale, deux instances d’État indépendantes. « Les juges d’appel s’improvisent experts socio-économico-écologiques », ironise le communiqué.

« Le Conseil d’État n’aura d’autre choix que de mettre un coup d’arrêt à ce désastre »

Pour La Voie est libre, « le bout du tunnel juridique approche probablement d’ici 6 à 9 mois ». Les opposants parient sur une nouvelle suspension des travaux : « Sauf à tordre le droit, le Conseil d’État doit nous protéger des dérives de l’A69 ». Le recours arrive alors que les chantiers tournent à plein régime : 78 % du budget déjà dépensé selon Atosca (filiale d’Atosca, NGE et VINCI), 90 % des terrassements et 97 % des ouvrages d’art réalisés, pose des enrobés en cours. La mise en service reste programmée pour octobre 2026.

Un chantier qui avance malgré les recours

Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca, reste serein : « 850 personnes et 350 engins travaillent actuellement sur le chantier ». Pour lui, les recours successifs ne remettent pas en cause le calendrier. Les opposants, eux, espèrent que le Conseil d’État – plus haute juridiction administrative – tranchera en leur faveur et stoppera définitivement ce qu’ils qualifient de « désastre écologique et financier ». Reste à savoir si les juges du Palais-Royal confirmeront ou infirmeront les décisions rendues en Occitanie. En attendant, les pelleteuses continuent de creuser, et les recours de s’empiler.

Partager