VIDÉO - Attentats du 13 novembre : la mère d’une victime veut rencontrer Salah Abdeslam pour affronter le regard du terroriste, pas pour lui pardonner. (LCI)
VIDÉO – Attentats du 13 novembre : la mère d’une victime veut rencontrer Salah Abdeslam pour affronter le regard du terroriste, pas pour lui pardonner. (LCI)

Dix ans après les attentats islamistes du 13 novembre 2015, les blessures restent béantes pour les familles des 130 victimes. Parmi elles, Élisabeth Boissinot, mère d’une jeune femme tuée lors de cette nuit tragique, a fait une déclaration bouleversante sur LCI : elle souhaite rencontrer Salah Abdeslam, unique survivant des commandos terroristes, non pas pour lui accorder son pardon, mais pour regarder en face celui qui a croisé le regard de sa fille avant sa mort.

Elle a ainsi déclaré : « J’aimerais beaucoup voir Salah Abdeslam, non pas pour lui pardonner, mais pour voir la dernière chose que ma fille a vue arriver en face d’elle ».

Salah Abdeslam, condamné à perpétuité sans possibilité de sortie

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible en juin 2022 par la Cour d’assises spéciale de Paris, Salah Abdeslam purge aujourd’hui la peine la plus lourde du droit français, sans perspective d’aménagement ni de libération. Ce terroriste, seul survivant des commandos responsables des attaques de Paris et de Saint-Denis, avait participé à la logistique et à l’exécution du plan meurtrier revendiqué par le groupe État islamique.

Durant le procès, ses interventions souvent confuses et changeantes avaient été perçues par de nombreuses familles comme une forme de provocation. Après s’être d’abord présenté comme un simple exécutant, il avait fini par se réclamer d’un « rôle humain » dans le chaos, sans jamais exprimer un véritable remords.

L’initiative controversée de la “justice restaurative”

Ces derniers jours, son avocate, Olivia Ronen, a révélé que son client souhaitait rencontrer certaines victimes dans le cadre d’un processus de justice restaurative, une démarche inspirée du modèle canadien, qui vise à instaurer un dialogue entre les auteurs et les victimes de crimes graves, sous la supervision d’un médiateur et du ministère de la Justice.

Selon Me Ronen, Salah Abdeslam « veut pouvoir entendre la douleur des victimes et répondre à leurs questions, dans un cadre strictement encadré ». Cette initiative, encore à l’étude, suscite de vives réactions parmi les rescapés et les familles endeuillées, qui y voient une tentative d’instrumentalisation médiatique.

Mais pour Élisabeth Boissinot, cette rencontre ne s’inscrirait pas dans ce cadre. Elle rejette toute idée de pardon ou de dialogue apaisé : « Je n’attends rien de lui. Je veux simplement voir le visage que ma fille a vu avant de mourir », a-t-elle insisté sur LCI.

Pour rappel, le 13 novembre 2015, 130 personnes ont été tuées et plus de 350 blessées dans les attaques coordonnées du Stade de France, des terrasses parisiennes et du Bataclan.

Que retenir rapidement ?

Dix ans après les attentats islamistes du 13 novembre 2015, les blessures restent béantes pour les familles des 130 victimes.

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