NEW YORK — Malgré l’acquittement de Sean “Diddy” Combs pour les accusations les plus graves de racket et de trafic sexuel, le magnat du hip-hop ne retrouvera pas la liberté de sitôt. Un juge fédéral a rejeté cette semaine sa demande de libération sous caution, soulignant son passé violent et le risque qu’il continue de représenter pour la communauté.
Le juge Arun Subramanian a ainsi tranché que, bien que Combs n’ait été reconnu coupable que de deux infractions liées à la prostitution — passibles chacune de dix ans de prison — son comportement passé, notamment en matière de violences domestiques, ne pouvait être ignoré. « Cela souligne un mépris du droit et une propension à la violence », a déclaré le juge.
Lors du procès de huit semaines, les jurés ont vu une vidéo montrant Combs en train de frapper violemment son ancienne compagne, la chanteuse Casandra « Cassie » Ventura, dans un hôtel de Los Angeles en 2016. Une autre ex-compagne, identifiée sous le pseudonyme de “Jane”, a témoigné avoir été battue en juin 2024, quelques mois après des perquisitions fédérales menées dans les propriétés de Combs. Ce témoignage faisait directement partie des charges liées à la loi fédérale sur le proxénétisme (Mann Act), pour lesquelles il a été condamné.
Si la défense a plaidé pour une libération sous caution d’un million de dollars et une peine inférieure à 21 mois, le ministère public réclame une peine d’au moins quatre à cinq ans, estimant que le passé violent de Combs doit impérativement peser dans la balance. L’avocat Marc Agnifilo a reconnu en audience : « Nous assumons les violences domestiques. Si les charges portaient là-dessus, il aurait plaidé coupable. »
Le juge a également rejeté les arguments selon lesquels Combs aurait changé. Son avocat a assuré qu’il suivait désormais un programme de réhabilitation pour les auteurs de violences conjugales, et qu’il était devenu « un prisonnier modèle ». Mais Subramanian s’est montré sceptique face à ce qu’il a qualifié d’« appel émotionnel », soulignant que Combs n’a montré ni remords, ni prise de conscience réelle de ses actes.
Plusieurs témoins ont appuyé la décision du juge. Deonte Nash, un ancien styliste, a écrit que libérer Combs serait « envoyer le message dangereux que richesse et célébrité permettent d’échapper à la justice ». Cassie Ventura, par le biais de son avocat, a elle aussi demandé que Combs reste derrière les barreaux, affirmant qu’il représente une menace persistante pour elle et pour d’autres victimes.
Le juge a fixé une audience de suivi pour mardi prochain et a laissé entendre qu’il était prêt à avancer la date de la sentence, actuellement prévue pour octobre. En attendant, Diddy reste en détention, désormais confronté à la réalité d’une peine d’emprisonnement, malgré un verdict partiellement favorable. Pour la justice fédérale, son influence et son pouvoir ne suffisent pas à effacer des années de violence.