La justice classe sans suite la plainte contre Julio Iglesias pour agressions sexuelles pour incompétence juridictionnelle
La justice classe sans suite la plainte contre Julio Iglesias pour agressions sexuelles. Motif: incompétence juridictionnelle. (AP)

La justice espagnole a décidé ce vendredi de classer sans suite la plainte déposée contre le chanteur Julio Iglesias pour des faits d’agressions sexuelles, de harcèlement et de viols, estimant que les tribunaux espagnols n’étaient pas compétents pour examiner des accusations portant sur des événements qui se seraient déroulés en dehors du territoire national. Cette décision a été rendue par le parquet de l’Audience nationale, la juridiction spécialisée à Madrid, qui a mis fin à la procédure préliminaire ouverte début janvier à la suite d’une plainte initiée par une ONG au nom de deux anciennes employées du chanteur. 

Dans son document de clôture, le ministère public a souligné l’absence de lien territorial ou personnel suffisant avec l’Espagne pour que ses tribunaux puissent juger l’affaire. Le parquet a notamment relevé que les plaignantes ne sont ni citoyennes espagnoles ni résidentes en Espagne, que Julio Iglesias ne vit pas en Espagne et que les faits allégués, qui, selon les déclarations, se seraient produits dans des résidences du chanteur en République dominicaine et aux Bahamas, ne sont pas survenus sur le sol espagnol. Selon le texte, « l’Espagne ne pourrait être compétente que si le pays où les faits ont eu lieu ne peut pas ou ne veut pas enquêter, ce qui n’a pas été démontré ici ». 

Des accusations de viol

La plainte avait été déposée le 5 janvier dernier auprès de l’Audience nationale par l’ONG internationale Women’s Link Worldwide, au nom de deux anciennes employées. Celles-ci, une ancienne employée de maison et une ancienne kinésithérapeute, avaient affirmé avoir été victimes de comportements qualifiés dans la plainte de « harcèlement sexuel », d’« agressions sexuelles » et, pour certains aspects, de « traite d’êtres humains en vue d’imposer le travail forcé et la servitude », des qualificatifs également soutenus par Amnesty International, qui a assisté les plaignantes. 

Les faits dénoncés remontent à la période de janvier à octobre 2021. Selon les témoignages publiés par les médias elDiario.es et Univision Noticias, l’une des plaignantes a décrit des faits pouvant être qualifiés de viols, et les deux femmes ont évoqué des conditions de travail « indignes » dans les résidences du chanteur. 

Julio Iglesias nie les faits

Julio Iglesias, âgé de 82 ans, a nié catégoriquement les allégations depuis qu’elles ont été rendues publiques. Dans une déclaration antérieure aux autorités et relayée par plusieurs médias, il a qualifié ces accusations de « absolument fausses » et affirmé n’avoir jamais abusé, contraint ou manqué de respect à une femme. Il a également exprimé sa détermination à « défendre [sa] dignité » face à ce qu’il a décrit comme une attaque injuste. 

L’avocat du chanteur, José Antonio Choclán, avait fait valoir dès le début de la procédure que les tribunaux espagnols n’avaient pas juridiction sur des faits survenus à l’étranger et que la plainte ne satisfaisait pas les conditions légales requises pour être traitée en Espagne. L’argumentation du conseil a été pleinement adoptée par le parquet dans son analyse aboutissant au classement. 

Cette décision de classement ne met pas fin à l’ensemble des possibilités de poursuites. Les associations à l’origine de la plainte pourraient décider de saisir directement d’autres juridictions compétentes ou d’autres mécanismes internationaux, bien que les poursuites dans les pays où les faits auraient été commis, en République dominicaine et aux Bahamas, restent des voies distinctes. 

Partager