Christophe Ruggia comparaît vendredi devant la cour d’appel de Paris pour des faits d’agressions sexuelles reprochés par l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était mineure. Le réalisateur de 60 ans avait été condamné en première instance à quatre ans de prison, dont deux assortis d’un bracelet électronique, dans une affaire devenue l’un des symboles du mouvement #MeToo en France.
Les faits dénoncés remontent au début des années 2000, après le tournage du film Les diables, qui avait révélé Adèle Haenel alors âgée de 12 ans. L’actrice affirme avoir subi, pendant plusieurs années, des gestes répétés et non consentis dans un contexte d’isolement et de dépendance professionnelle, accusations que le cinéaste conteste depuis leur révélation en 2019.
Une audience sous le regard du monde culturel
Lors du premier procès, les juges avaient retenu l’existence d’une emprise exercée par le réalisateur sur la jeune comédienne et souligné l’asymétrie de pouvoir entre eux. Christophe Ruggia avait, de son côté, dénoncé une mise en cause qu’il estime infondée et rejeté toute intention sexuelle, se présentant comme une cible sacrificielle d’un mouvement plus large.
Adèle Haenel, aujourd’hui âgée de 36 ans, sera de nouveau présente à l’audience. Depuis plusieurs années, elle s’est éloignée du cinéma pour se consacrer au théâtre et à son engagement politique, tout en continuant de dénoncer ce qu’elle décrit comme une tolérance persistante du milieu culturel à l’égard des violences sexuelles.