Une intervention alimentaire pourrait atténuer les symptômes de la dépression
Une intervention alimentaire pourrait atténuer les symptômes de la dépression

Suivre certains régimes alimentaires, notamment le régime méditerranéen, pourrait réduire les symptômes de la dépression, selon une récente revue de la littérature publiée dans The Australian and New Zealand Journal of Psychiatry.

« Le lourd fardeau de la mortalité prématurée liée aux maladies cardiométaboliques, associé aux récentes preuves suggérant que la qualité de l’alimentation constitue à la fois un facteur de risque et une cible thérapeutique pour les troubles de la santé mentale, justifie le recours à des interventions alimentaires pour traiter la dépression », ont écrit la Dre Heidi M. Staudacher, chercheuse principale du Food & Mood Centre à l’Institut pour la Santé Mentale et Physique et la Traduction Clinique (IMPACT), École de Médecine, Université Deakin, à Geelong (Australie), ainsi que ses coauteurs.

L’étude visait à explorer les mécanismes sous-jacents liant alimentation et santé mentale, tout en présentant les preuves de l’efficacité potentielle de l’alimentation dans le traitement et la prévention de la dépression.

Selon cette revue, le respect d’un régime dit sain, c’est-à-dire un régime obtenant un score élevé sur les indices de qualité nutritionnelle, pourrait atténuer les symptômes dépressifs. Le régime méditerranéen, en particulier, dispose d’un nombre croissant de preuves en faveur de son efficacité dans le traitement de la dépression.

L’étude parallèle SMILES menée en 2017 sur 12 semaines (n = 56) a révélé qu’une intervention basée sur un régime méditerranéen modifié était plus efficace pour réduire les symptômes dépressifs qu’un groupe de soutien social : 32 % des participants ayant suivi le régime méditerranéen ont atteint une rémission, contre 8 % dans le groupe de soutien. De même, l’essai HELFIMD sur 6 mois a démontré qu’une meilleure adhésion au régime méditerranéen était associée à une diminution des symptômes dépressifs. D’autres régimes, comme les régimes traditionnels japonais et brésilien, le régime anti-inflammatoire et le régime DASH (approche alimentaire contre l’hypertension), montrent un potentiel similaire mais nécessitent davantage d’évaluations.

L’étude souligne également l’importance de facteurs biologiques tels que l’état du microbiote intestinal, l’inflammation, le stress oxydatif, entre autres, comme mécanismes potentiels expliquant l’effet de l’alimentation sur l’humeur.

Les auteurs ont reconnu plusieurs limites pouvant affecter les recherches existantes sur les interventions alimentaires dans la prévention ou le traitement de la dépression. Par exemple, certaines études randomisées ont utilisé des questionnaires auto-administrés sur la dépression, ce qui signifie que les participants n’étaient pas toujours cliniquement diagnostiqués comme dépressifs. Cela pourrait limiter la généralisation des résultats à des populations atteintes de dépression clinique. Par ailleurs, ces études peuvent être affectées par un biais de réponse, attirant notamment des individus déjà intéressés par l’alimentation.

« Améliorer la qualité de l’alimentation fait partie d’un ensemble de changements de mode de vie susceptibles d’atténuer les symptômes de la dépression », ont conclu les auteurs. « Les essais futurs devront explorer si les modèles d’intervention combinée (ex. : alimentation + exercice physique) sont plus efficaces, et aussi dissocier les effets des différents éléments du mode de vie. »


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